Des patrons s'exprimentUne nouvelle tranche indiciaire "rendrait tout à nouveau plus cher"

RTL Infos
RTL a demandé à des entreprises de différents secteurs de réagir à l'épineuse problématique de l'index, alors qu'une nouvelle tranche devrait théoriquement être due à l'automne prochain.

Dans l'accord tripartite de mars, l'un des points qui a été retenu était que le gouvernement, le patronat et les syndicats devaient se réunir à nouveau si au cours de cette année plus d'une tranche indiciaire tombait en plus de celle reportée à avril 2023.

Les chiffres du Statec ne seront présentés au Conseil de gouvernement que vendredi de la semaine prochaine, mais il semble qu'une autre tranche sera théoriquement due à l'automne. C'est pourquoi le Premier ministre a invité les syndicats et le patronat à des entretiens individuels jeudi, afin de préparer une nouvelle tripartite.

Les représentants de l'UEL veulent obtenir des données du gouvernement jeudi et ils souhaitent savoir où ils en sont d'un point de vue financier dans la trésorerie, a déclaré mercredi le président de l'UEL Michel Reckinger, sans vouloir déterminer quelles pistes seraient envisageables pour le patronat en termes d'index. Pour les syndicats, le système du "panier de courses" doit dans tous les cas être conservé. Patrick Dury a indiqué mardi vouloir faire le point sur la situation jeudi avec le gouvernement. 

Le Vice-Premier ministre François Bausch nous a confié mercredi que l'index devait rester mais que les employeurs ne devaient pas avoir à verser plusieurs tranches en même temps. Et c'est justement l'enjeu principal des discussions avec les partenaires sociaux. D'une part garantir la compensation de l'inflation et d'autre part s'en sortir avec cette situation en un laps de temps d'un an ou d'un an et demi.

Les prix de l'énergie pourraient eux aussi jouer un rôle central. Ils risquent en effet d'exploser en automne et en hiver. Il est question d'une augmentation de prix allant jusqu'à 90%.

QUELLES MESURES ESPÈRENT LES EMPLOYEURS?

Le représentant du patronat s'est prononcé pour des mesures plus ciblées qui aideraient spécifiquement les entreprises qui éprouvent des difficultés à cause de la hausse générale des prix. Il n'a pas plus approfondi le sujet. Mais que disent les patrons eux-mêmes? Nous avons interrogé des entreprises de différents secteurs. 

Et elles n'étaient pas toutes enthousiasmées par notre demande. Une propriétaire d'un centre commercial a déclaré qu'elle ne souhaitait pas s'exprimer. Un patron d'une entreprise de construction a quant à lui affirmé, qu'il ne voulait pas s'en mêler pour le moment, parce qu'il avait confiance en la représentation du patronat. L'un des deux directeurs généraux d'une chaîne de boulangeries de 100 employés était prêt à s'exprimer. Jean-Marie Neuberg a confié être en soi pour le système de l'index, mais qu'il n'était pas adapté à la situation actuelle avec les multiples crises auxquelles nous faisons face. 

"Nous avons actuellement tellement de facteurs qui se rejoignent. Que ce soit les prix des matières premières qui augmentent ou l'énergie. Je pense que faire passer maintenant une tranche indiciaire, rendra tout à nouveau plus cher. Selon moi, il y a trop de personnes qui en seront affectées de manière négative. Une tranche indiciaire n'est pas adaptée pour le moment. À mes yeux, il faut aider les gens et les entreprises de manière ciblée. D'après moi, les entreprises sont actuellement plus accablées qu'elles ne l'avaient encore jamais été dans certains secteurs."

Selon Jean-Marie Neuberg, dans le domaine de l'artisanat, 50 à 65 % du chiffre d'affaires viendraient du personnel. Pour un pain vendu à 2 euros, au moins un euro est dédié au salaire du boulanger. Si les salaires augmentent, le prix augmentera également, ce que confirme Christophe Diederich, directeur d'une chaîne de restaurants. Dans le domaine de la gastronomie, les salaires représenteraient 45% des coûts et pour les 200 salariés qu'il emploie, une augmentation aurait un gros impact.

"Une tranche indiciaire qui tombe, c'est environ 180.000 euros par an pour notre masse salariale. C'est un montant relativement élevé. De toute façon, il n'y a jamais de moment idéal pour une tranche indiciaire. Mais c'est un fait qu'avec toutes les circonstances aujourd'hui, ce serait très très difficile du côté des employeurs si l'une ou l'autre tranche tombait cette année."

Le boulanger Jean-Marie Neuberg et le restaurateur Christophe Diederich n'ont pas non plus de solution idéale. Payer une tranche indiciaire puis fournir des aides ciblées aux entreprises éligibles: ça pourrait être une solution.

Carlo Schott, patron d'une entreprise familiale de marbrerie qui emploie 10 personnes: "Le système de l'index a jusqu'à présent bien fonctionné. Il est un peu mis à l'épreuve en ce moment. Désormais, tous les acteurs impliqués doivent faire leur part pour que le modèle luxembourgeois puisse continuer à fonctionner. Il ne doit pas y avoir de tabous. Il faut pouvoir discuter de tout."

Voilà donc quelques exemples d'entreprises, mais il y en a bien sûr d'autres où moins de personnes travaillent par rapport au chiffre d'affaires et d'autres où il y a plus d'employés qui travaillent avec des salaires élevés. Une tranche indiciaire aurait là aussi un impact différent.

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