
Lorsque les parents travaillent, leurs enfants peuvent être accueillis dans différentes structures, en fonction de leur âge et du choix des parents : crèche, mini-crèche, maison relais ou auprès d’un assistant parental. Les assistants parentaux exercent en tant qu’indépendants et sont placés sous la tutelle du ministère de l’Éducation. Celui-ci a lancé le projet de loi n° 8686, qui doit introduire plusieurs changements à partir de janvier.
Le chèque-service accueil prend en charge 5,40 euros par enfant et par heure. Actuellement, les assistants parentaux peuvent demander un tarif plus élevé, la différence étant alors payée par les parents.
Susanna Maria Ferreira Martins travaille comme assistante parentale depuis le 1er mai 2025 et a fixé son tarif à 7,40 euros l'heure. Elle explique ce montant par le fait que seules les heures passées avec les enfants peuvent être facturées, contrairement au temps consacré, avant et après leur accueil, à la préparation et à l’organisation, par exemple pour cuisiner les repas des enfants.
Son tarif tient également compte d’autres dépenses. Par exemple, si les enfants souhaitent manger une glace lors d’une sortie, les assistants parentaux doivent la payer de leur propre poche, sans être remboursés par la suite.
Si la réforme du ministère de l’Éducation est effectivement mise en œuvre comme prévu le 1er janvier 2027, les tarifs changeront. Actuellement, le CSA prend en charge 5,40 euros par enfant et par heure, mais la réforme prévoit d’adapter la rémunération aux qualifications de l’assistant parental, selon trois niveaux. Pour certains assistants parentaux, cela pourrait entraîner une hausse de leur tarif, tandis que pour d’autres, l’effet pourrait être inverse.
Une autre nouveauté concernant ces tarifs serait leur indexation, ainsi que l’introduction d’une compensation destinée à assurer une certaine stabilité aux revenus des assistants parentaux.
Susanna Maria Ferreira Martins réagit aux nouveaux tarifs : "Pour les parents, c’est une bonne chose. Je suis moi-même maman et je comprends que les parents paient moins. Cela me convient tout à fait. Mais il faut aussi regarder les choses de notre côté, voir si cela nous convient également et tenir compte de ce que nous payons de notre propre poche."
Auparavant, Susanna Maria Ferreira Martins travaillait dans une crèche. Elle estimait ne pas y avoir suffisamment de temps à consacrer aux enfants et trouvait les groupes trop grands. Pour elle, le métier d’assistante parentale constitue une bonne alternative. Elle souhaite attendre l'entrée en vigueur de la réforme, mais reste prudente : "Je veux continuer à faire mon travail, je ne veux pas arrêter. Mais je dois voir ce qu’il en sera : si je dois consacrer la moitié de ce que je gagne aux dépenses, ça ne compensera pas."
Une autre modification envisagée dans le cadre de la réforme concerne le tarif du repas principal, qui doit passer de 4,50 à 7 euros.
Les assistants parentaux ont le statut d’indépendant. Un point que Susanna Maria Ferreira Martins critique est que les conditions se rapprochent de plus en plus de celles des crèches, alors que les assistants parentaux, contrairement aux éducateurs, n’ont pas droit à des congés payés. "Ce que je pense, personnellement, c’est que lorsque nous partons en vacances, nous ne sommes pas payés. Et si nous ne sommes pas payés, cela représente forcément moins d’argent à la fin du mois. Mais nous devons malgré tout payer les cotisations de sécurité sociale pour le mois entier. Il faut donc avoir cet argent. Et je ne trouve pas cela juste : si nous ne gagnons rien, nous ne devrions pas non plus avoir à payer."
Maria Helena Dos Santos Fonseca, qui travaille comme assistante parentale depuis 2011, évoque elle aussi la question des vacances, qui constitue une préoccupation majeure pour de nombreux assistants parentaux : "Le ministère pourrait quand même faire quelque chose pour changer les choses au niveau des vacances : C'est facile à dire qu’on peut mettre de l’argent de côté, mais il faut aussi dire qu’on est indépendant."
Chaque enfant pris en charge par un assistant parental aura désormais droit aussi à 20 heures hebdomadaires gratuites, comme c’est déjà le cas dans les crèches, dans le cadre du programme d’éveil linguistique. Celui-ci vise à contribuer au développement linguistique de l’enfant et s’accompagne de formations pour les assistants parentaux. Comme c’est déjà le cas actuellement, la réforme prévoit que les assistants parentaux continuent de justifier d’un niveau B2 dans l’une des langues officielles du pays.
Maria Helena Dos Santos Fonseca voit ces changements d’un œil très positif : "Je trouve que le ministère est en train de faire quelque chose de très bien pour nous aider, ils sont en train de donner une vraie valeur qu’on mérite à la fin, et je trouve que ce qu’ils sont en train de faire va beaucoup nous aider."
Au fil des ans, le travail est notamment devenu plus complexe sur le plan administratif, une évolution qu’elle considère aussi positivement. Grâce au rapport d’activités, dans lequel tout doit être consigné en détail, elle peut identifier les domaines dans lesquels elle pourrait encore s’améliorer. Dans l’ensemble, elle estime que le métier d’assistant parental s’est considérablement amélioré au fil des années.
Ces dernières années, le nombre d’agréments supprimés a été supérieur à celui des nouveaux agréments accordés. Selon des statistiques du ministère de l’Éducation, 29 agréments ont été annulés rien que l’année dernière, contre seulement trois nouveaux agréments délivrés. Au cours des cinq dernières années, 185 agréments ont été annulés, tandis que seulement 35 ont été accordés.
À l’heure actuelle, le Luxembourg compte un peu plus de 300 assistants parentaux. Le ministère souligne toutefois que cette profession constitue une composante importante de l’éducation non formelle et qu’elle doit continuer à être promue afin d’attirer de nouvelles personnes vers le métier.