L'impact de la crise"Une nouvelle génération de pauvres au Luxembourg"

Maurice Fick
La crise sanitaire a "amplifié" la pauvreté au Luxembourg. Phénomène nouveau: beaucoup de moins de 40 ans ont demandé de l'aide à Caritas. Mais sa présidente craint fort que le reconfinement n'aggrave la situation des enfants qui sont déjà en grande difficulté scolaire.
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Présidente de Caritas Luxembourg, Marie -Josée Jacobs est au premier rang de l'impact laissé par la crise sanitaire du covid-19 dans les populations les plus défavorisées au Luxembourg.

Frappant est qu'il s'agit essentiellement de jeunes adultes, "c'est-à-dire qui ont moins de 40 ans, qui ont un travail, qui jusqu'ici ne s'étaient jamais adressés à un office social ou une autre organisation pour demander une aide", témoigne ce mercredi Marie-Josée Jacobs au micro de RTL Radio.

Ce qui est "remarquable" est qu'''une partie de ces gens, lorsque la situation s'est améliorée pour eux, est revenue pour rendre l'argent", raconte-t-elle pour tordre le cou à l'idée reçue selon laquelle ceux qui sont dans la difficulté ne font pas que prendre.

DAVANTAGE DE PAUVRES QU'AVANT LA CRISE

"Le problème de la pauvreté s'est amplifiée", atteste Marie -Josée Jacobs en citant l'exemple de salariés qui touchent le salaire social minimum et qui ont été mis au chômage partiel. "Ça peut paraître très généreux de dire 'tu touches 80% de ton salaire' mais les 20% manquent tout de même", sans parler des personnes qui travaillent dans le secteur Horeca ou dans la coiffure et qui ne touchent plus de pourboire.

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"Certains nous disent que cela représente entre 500€ et 600€ par mois. C'est une grosse différence d'avoir cette somme ou pas quand on a un revenu modeste", appuie la présidente de Caritas. Avant d'avouer: "Nous avons une nouvelle sorte de pauvreté et plus de gens pauvres que nous n'en avions" avant la crise sanitaire. C'est une "situation brutale et toute nouvelle que nos n'avions jamais vécue jusqu'ici".

Elle est d'avis que ce phénomène nouveau ne "s'estompera pas aussi vite qu'on pourrait le croire" car elle est liée au logement et donc à l'urgence éprouvée de devoir payer son loyer pour ne pas se retrouver à la rue.

AIDER INTENSIVEMENT LES ÉLÈVES DÉMUNIS

Le nouveau confinement qui doit entrer en vigueur le 26 décembre, suite au tour de vis du gouvernement Bettel, n'est pas fait pour arranger les choses sur le front de la pauvreté.

Les monoparentaux sont particulièrement exposés mais la population qui préoccupe énormément la présidente de l'organisation caritative sont les enfants scolarisés qui ont des retards scolaires et qui subiront ce reconfinement. Pour ceux qui étaient déjà désavantagés avant la crise, "la différence va encore s'accentuer", sait Marie-Josée Jacobs.

Elle redoute l'émergence d'une "nouvelle génération de pauvres au Luxembourg" si ces enfants ne sont pas accompagnés de manière "très ciblée" et durant "au moins une année" par du personnel qualifié pour bénéficier d'une véritable aide et de soutien scolaire.

"Il s'agit vraiment de donner une chance aux enfants et de leur aider pour qu'ils puissent ensuite continuer à apprendre et apprendre un métier" afin qu'ils puissent construire leur avenir.

NOUVELLE HELPLINE DANS LES TUYAUX

Les plus touchés par la crise dans notre société sont les sans-abri, en particulier avec l'arrivée de l'hiver. Marie-Josée Jacobs a été à leur rencontre et témoigne de leur difficulté à survivre à un moment où il y a très peu de monde en Ville, donc peu d'âmes charitables pour donner quelques pièces à ceux qui n'ont plus rien.

Caritas Luxembourg réfléchit déjà à la création d'une nouvelle helpline et à la manière d'épauler "ceux qui ne sont pas parvenus à retrouver pied" entre-temps.

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