
Le tribunal administratif avait finalement fait capoter le projet, car il n’était pas compatible avec les critères d’une zone de bâtiments et équipements publics. En mai 2023, c’est-à-dire peu avant les élections communales, la majorité LSAP de l’époque avait acheté le terrain pour une dizaine de millions d’euros, afin d’y construire un nouveau conservatoire, les plans pour le bâtiment inclus. Mais entretemps, ce projet est également tombé à l’eau.
A présent, les autorités communales souhaitent garder le terrain de la rue de l’Hôpital au cas où l’école primaire doive être agrandie. Le conservatoire doit en effet déménager du château de Wirtgen dans la rue Sauerwiss. Des projets qui ne suscitent pas nécessairement l’enthousiasme de l’opposition.
En tout cas pas au LSAP. Lorsqu’ils disposaient encore de la majorité absolue, les socialistes ont toujours douté que le terrain de la rue de l’Hôpital soit assez grand pour accueillir une annexe de l’école primaire. La nouvelle majorité CSV-DP a fait réaliser une étude pour éclaircir la question. Charel Weiler, bourgmestre de Diekirch: “Il s’est avéré que c’était possible. Il y a eu deux variantes, une avec 18 salles de classe pour 430 enfants et une seconde variante avec 14 classes pour un total de 336 enfants.”
Les autorités communales ne souhaitant pas répartir les enfants sur différents sites à travers Diekirch, il a été décidé de réserver le site de la rue de l’Hôpital pour l’agrandissement de l’école primaire. Elles vont maintenant faire analyser l’évolution de la population dans les prochaines années et le moment où l’agrandissement deviendra nécessaire. Le porte-parole du groupe LSAP au conseil communal et ex-bourgmestre, Claude Thill, n’est pas convaincu par ce projet:
“Selon nous, il est bon d’aménager le conservatoire ici. Comment voulons-nous sinon rapprocher nos enfants de la culture et de la musique? Avec une maison relais à côté, c’est là où il faut être. Comment voulons-nous rapprocher cela? Voulons-nous sur ce site, avec une maison relais, avec une crèche, avec l’école fondamentale, avec la précoce, avec tout cela, voulons-nous animer un site, ou voulons-nous le consacrer exclusivement à l’enseignement?”
Le conseiller vert Frank Thillen, qui siège aussi dans l’opposition communale, considère lui plutôt positivement l’option d’installer le conservatoire sur le site de l’ancienne école primaire dans la rue Sauerwiss:
“Il a des avantages, il est situé à proximité du nouveau lycée, où vont tous les élèves des environs. Ici, cela aurait été très proche de l’école primaire, mais je pense que dans un conservatoire il n’y a pas que les deux premières années d’école de musique, mais il y a vraiment des lycéens qui y vont. Et alors l’emplacement dans la rue Sauerwiss, très accessible des deux côtés depuis le lycée, est très bon.”
Charel Weiler réfute la critique selon laquelle, si le conservatoire n’est pas réalisé dans la rue de l’Hôpital, l’argent payé pour les plans du bâtiment, sera perdu. En premier lieu, le terrain et les plans ont été achetés à un prix exorbitant. Il n’est absolument pas certain non plus qu’un conservatoire puisse être vraiment construit immédiatement sur base de ces plans, comme l’affirme Claude Thill:
“Le fait est que nous allons faire réaliser une étude pour analyser ces plans, afin de déterminer si ces plans sont conformes à un conservatoire standard tel qu’on en construit aujourd’hui, comme un a récemment été construit à Pétange, par exemple. Si cela répond aux exigences de ce dont un conservatoire a besoin.”
La date de début des travaux dans la rue Sauerwiss n’est pas encore connue. Le bâtiment sera toutefois bientôt libre, car le Nordstadlycée va emménager dans de nouveaux locaux, à proximité de l’Ecole d’Hôtellerie et de Tourisme.
Le projet initial dans la rue de l’Hôpital prévoyait également une maison relais à côté de la résidence pour seniors. Cette maison relais est déjà en service et la mairie a décidé de racheter le bâtiment au promoteur, en souscrivant un emprunt de près de 28 millions d’euros. Auparavant, la commune devait payer environ 190.000 euros de loyer mensuel. Selon le maire Charel Weiler, il a été décidé de payer l’argent d’un coup pour clore enfin le dossier. C’est de surcroît la solution la moins chère.