"Inacceptable et inexplicable"Un patient doit avoir le droit d'être accompagné chez le médecin-conseil

RTL Infos
Pour l'association de défense des patients Patiente Vertriedung, il est inacceptable et inexplicable qu'un assuré ne puisse pas être accompagné d'un tiers lorsqu'il se rend chez le médecin-conseil.
© AFP (Archiv)

"Si vous êtes convoqué chez le médecin du contrôle médical, vous êtes déjà dans une situation plus précaire et il est donc important que vous puissiez vous faire accompagner par quelqu'un aux rendez-vous", explique Michèle Wennmacher, chargée de direction de l'association, interviewée par RTL.

Mais cet accompagnement serait très souvent refusé par le contrôle médical. C'est dans ce contexte que les députées de la Gauche avaient posé une question parlementaire aux ministres de la Santé et de la Sécurité sociale. Dans sa réponse, le ministre de la Sécurité sociale, Claude Haagen, confirme que ces contrôles sont traités différemment. Pour l'asbl Patiente Vertriedung, c'est inexplicable et inacceptable.

Dans sa réponse écrite, Claude Haagen précise que ces contrôles de la Sécurité sociale ne relèvent pas des démarches de santé: il ne s'agit pas de visites pour se faire diagnostiquer ou traiter. Il s'agirait purement et simplement d'un contrôle. Un argument que l'association de défense des patients ne veut pas laisser passer. Elle a donc été voir ce qu'en disait la loi sur les droits des patients.

"CE NE SERAIT PAS PARITAIRE"

Michèle Wennmacher: "Il y figure que leprofessionnel de santé, ce qu'est bien le médecin du contrôle médical, est là pour évaluer l'état de santé du patient. Et cela relève aussi d'une démarche de santé. D'après l'article 148, il est aussi très clair que le contrôle médical a une mission d'évaluation."

Tout assuré étant un patient, il tombe sous le coup de cette loi, affirme Michèle Wennmacher. L'asbl a contacté le directeur du contrôle médical, le Dr Gérard Holbach, qui a répondu: "Ce ne serait pas paritaire, si le patient venait avec un tiers, le docteur, seul, serait confronté à deux personnes et ce ne serait pas équitable."

"NOUS NE CÈDERONS PAS SUR CE DOSSIER"

Tout cela ne serait que des prétextes pour que le médecin soit seul avec le patient, déplore la Patiente Vertriedung, qui est souvent aussi contactée par des patients qui se plaignent d'un manque de respect du médecin-conseil lors de certains rendez-vous: "Des patients sortent de là, encore plus bouleversés qu'avant et à qui ont dit qu'il n'y aurait pas de dépression ou bien: "Vous êtes une si belle femme, ce n'est pas possible que vous soyez dépressive." Ou le cas de femmes qui doivent se dévêtir pour un examen, puis la porte s'ouvre soudain et un autre médecin entre pour demander: "Tu peux venir à la pause déjeuner, il est temps d'aller manger." Cela, ce n'est pas possible non plus!"

Il ne serait pas possible qu'une personne qui est déjà malade et ne peut donc pas aller travailler, non sans raison, soit en plus rabaissée et intimidée chez le médecin-conseil suite aux agissements de celui-ci. Nous ne cèderons pas dans ce dossier, affirme Michèle Wennmacher.

 

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