
Ainsi lundi à la Cour d'appel de Luxembourg, quinze ans d'emprisonnement ont été requis à l'encontre d'un homme qui avait été condamné à dix ans en janvier 2019.
L'affaire est celle de l'agression violente d'un couple de personnes âgées en décembre 2008 dans leur appartement de Bereldange. En première instance, cinq individus étaient poursuivis pour avoir frappé les victimes, âgées de 73 et 83 ans à l'époque des faits, pour les avoir menacées avec un revolver et une arme blanche et leur avoir dérobé de l'argent et des bijoux, entre autres.
Le prévenu qui a comparu lundi, a déclaré avoir fait appel parce que sa peine était trop lourde. Il n'avait pas joué un grand rôle et n'avait pas frappé les victimes. Il s'agit d'une lecture un peu différente de celle des juges de première instance, a fait remarquer la présidente de la Cour. L'accusé a expliqué être sorti de psychiatrie et être un autre homme aujourd'hui, il avait évolué. Un individu, qui a été relaxé lors du premier procès, avait tout organisé. Lui n'avait été qu'un exécutant, a dit le prévenu. Il a l'impression qu'on n'a pas tenu compte de lui. Il regrettait chaque jour, mais les faits s'étaient produits. „Les victimes ont pourtant parlé d'un couteau et de menaces de votre part!“, a souligné la juge. „Si je n'avais pas été là, les autres auraient fait bien plus!“, a répondu l'accusé. Mais personne ne voulait le croire.
Selon Maître Stroesser, l'avocat du prévenu, son client aurait une responsabilité partielle, mais il ne s'agirait pas de l'acteur principal, qui aurait été l'homme acquitté en première instance. A cette époque, son client sortait de psychiatrie et il serait tombé sur l'acquitté. L'agression aurait été le plan de ce dernier. Voilà pourquoi sa peine devait être réduite.
C'est comme si l'accusé n'avait rien à voir avec cette affaire, ce qui n'est cependant pas le cas, a affirmé la représentante du Parquet général. Le prévenu était „la brute avec le couteau à la main“. L'homme, avec son casier judiciaire de 15 pages, avait bien joué un rôle essentiel et la substitute ne lui trouve guère de circonstances atténuantes.
Et comme elle considère, à la différence des juges de première instance, que le délai raisonnable n'est pas dépassé, elle a requis non pas dix, mais quinze ans d'emprisonnement à l'encontre du prévenu.
La Cour d'appel rendra son arrêt le 25 novembre.