
"Bien sûr, d’un côté, trois ans, ce n’est vraiment pas beaucoup. Il y a encore beaucoup de choses que l’on aimerait accomplir. Ces trois années passent relativement vite et cela peut susciter une certaine frustration. D’un autre côté, je dois aussi dire que je suis un peu soulagé, car ce sont des années intenses. Nous ne sommes que deux au sein de notre sensibilité politique", a expliqué David Wagner. Il se réjouit donc de pouvoir profiter d’un peu plus de calme et de moins de pression, tout en continuant à travailler à l'arrière-plan.
L’aspect positif de ce mécanisme est que deux membres un peu plus jeunes prennent le relais, Ana Correia da Veiga et Gary Diederich, qui ont déjà pu acquérir de l’expérience au niveau communal. Marc Baum et lui-même continueront à travailler au sein du groupe parlementaire.
David Wagner ne souhaite pas lui-même porter un jugement sur son travail à la Chambre des députés. "Personnellement, je ne suis jamais satisfait de moi-même, donc la question ne se pose pas vraiment. Mais d’un point de vue politique, quant à la manière dont je me suis battu, dont Marc s’est battu, ce sont les gens ou les journalistes qui peuvent en juger". Objectivement, il estime toutefois que déi Lénk a réussi à faire avancer un certain nombre de dossiers. "Nous essayons d'imposer certains thèmes et de voir aussi ce qui est important pour la grande majorité de la population, ainsi que pour les travailleurs, puisque nous sommes une organisation de gauche, et nous prenons ces questions au sérieux", a souligné le député.
"Nous avons été un aimant politique qui a tiré la Chambre vers la gauche", a affirmé David Wagner. L’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution est ainsi à mettre à l'actif de déi Lénk. Mais il estime également avoir contribué à mettre en avant d’autres sujets importants, comme les sujets liés au changement climatique. "L’année dernière, nous avons également fait adopter une motion, qui a été approuvée à l’unanimité, afin que les maladies liées au climat, notamment celles provoquées par les fortes chaleurs, soient elles aussi reconnues." Des thèmes comme la chaleur et la canicule sont pris très au sérieux par son parti, et non pas tournés en dérision comme le fait, selon lui, l’ADR. "Nous savons qu’il y a des personnes qui en souffrent : les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes âgées, les personnes malades, mais aussi des personnes en bonne santé qui travaillent dur, à l’extérieur sur les chantiers ou même dans les bureaux, etc. Il faut donc tenir compte de cette réalité et veiller à rendre la vie plus facile et meilleure pour les gens. C’est ce que nous voulons faire en permanence."
Plus généralement, il considère qu’il faut débattre de sujets sérieux : le travail, les questions sociales, l'écologie et les thématiques qui concernent les jeunes. "Et lorsque l’on parle de ces sujets, on ne parle pas de faux problèmes qui, la plupart du temps, finissent toujours par mener au racisme ou à l’exclusion de certaines catégories de personnes."
Au cours des derniers mois, déi Lénk a enregistré l’arrivée de nombreux nouveaux membres. Beaucoup de jeunes, qui constatent l’existence de problèmes systémiques et critiquent le système capitaliste. Après des résultats électoraux moins favorables, le parti est actuellement engagé dans une réflexion visant à redéfinir sa stratégie. Les grandes lignes de cette nouvelle stratégie devraient être adoptées lors d’un congrès prévu en décembre. Il faudra ensuite examiner comment les mettre en œuvre et déterminer si les statuts du parti doivent être modifiés.