
Le président du Comité militaire de l'OTAN, l'Amiral Rob Bauer, a effectué une visite de travail de deux jours au Luxembourg, où il a notamment rencontré la ministre de la Défense, Yuriko Backes. L'amiral néerlandais est le conseiller du Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, et de tous les décideurs politiques des 32 États membres de l'alliance transatlantique.
Lors de sa visite chez SES, le haut-gradé a accordé une interview à RTL. Au cours de celle-ci, il a souligné que nous n'avons pas d'autre choix que de soutenir l'Ukraine, ce qui signifie que nous investissons aussi dans notre sécurité. "Il ne s’agit pas d’effrayer les gens, mais de dire clairement ce qu'est la réalité."
Selon l'Amiral Bauer, la dissuasion à travers l'OTAN a fonctionné pour les nations alliées: "Il est peu probable que Poutine attaque l’OTAN. Nous n'avons aucune indication à ce sujet. Mais le fait qu'il soit maintenant en Ukraine, qu'il soit en Géorgie, qu'il tente de s'immiscer en Moldavie... Nous devons nous assurer qu’il comprend que s’il nous attaque, il aura un plus gros problème."

La discussion sur les 2 % que devraient viser les pays de l’OTAN en matière de dépenses militaires par rapport à leur PIB, n'a rien à voir avec le fait d'être un petit ou un grand pays: "Cela n'a rien à voir avec ça. Cela a à voir avec votre économie, la taille de votre économie. Et en réalité, le Luxembourg est une nation riche. 2% au Luxembourg, c'est beaucoup d'argent. Nous avons désormais convenu que le Luxembourg doit viser 2% du RNB, car une partie de l’argent que gagne le Luxembourg, l'est par des personnes qui ne sont pas luxembourgeoises. Il doit donc s'agir de 2% avec la nouvelle méthode. C'est l'accord que le Luxembourg a accepté en tant que nation lors du sommet de Vilnius. C'est un minimum de 2%."
Ces 2% que chaque pays doit fournir, ce n'est pas de l'argent que l'un dépense pour un autre, mais c'est de l'argent pour "sa propre sécurité, pour sa propre défense". Robert Bauer cite l'exemple des Pays-Bas: "Lorsque j’étais responsable de la Défense et que je suis parti à l’été 2021, le budget aux Pays-Bas était de 10,5 milliards d’euros. A présent il est passé à 20 milliards en trois ans. C'est donc possible. C’est une question de priorité et c’est une décision politique. Et selon la devise du Luxembourg: Let's make it happen."
C'est nécessaire pour vivre en paix et avoir la prospérité économique que nous connaissons et la conserver. Le Luxembourg fait partie de la sécurité rendue possible par l’OTAN. Les gens doivent comprendre qu'il ne va pas de soi que nous vivions en paix, selon Robert Bauer interviewé par RTL. La guerre en Ukraine, l'instabilité en Syrie et au Proche Orient, la situation dans certains pays en Afrique, nous le montrent clairement. C'est précisément pour cela qu'il est important d'investir dans la sécurité.