
Il est surtout dû au "manque de prédateurs" tels que le loup ou le lynx, mais aussi au changement climatique. "Les hivers plus doux font que moins d'animaux meurent", a expliqué mardi Laurent Schley sur RTL.
Le directeur adjoint de l'Administration de la nature et des forêts n'est pas chasseur lui-même, mais il a indiqué que vu la surpopulation de gibier, il faut en abattre davantage. "Les chevreuils et les cerfs élaphes sont particulièrement problématiques, car ils mangent les jeunes pousses et ils rongent les vieilles plantes" et par conséquent la régénération naturelle des forêts ne se produit quasiment plus.
Il est "très difficile de chiffrer le cheptel de gibier et cela prend énormément de temps." C'est pourquoi "l'Administration se base notamment sur les chiffres des animaux abattus."
Pour l'année 2022/23 (l'année cynégétique va du 1er avril au 31 mars de l'année suivante), 6.700 chevreuils, 6.200 sangliers et 400 cerfs ont été abattus. Cela ne suffit cependant pas pour réduire significativement le cheptel de gibier. Il existe évidemment d'autres possibilités que la chasse, toutefois "le retour de prédateurs tels que le loup, par exemple, n'est pas une solution miracle", qui fonctionne du jour au lendemain. Il faut d'abord qu'une meute s'installe et pas seulement des animaux isolés.
La densité de gibier dans nos forêts doit diminuer et "l'Administration de la nature et des forêts donne des instructions sur la quantité minimale qui doit être abattue." "Le moyen le plus efficace de tirer beaucoup de gibier en une journée est la chasse en battue", explique Laurent Schley. "Si tout le gibier devait être abattu depuis un
mirador, il faudrait quasiment que chaque chasseur soit tous les jours de l'année dans la forêt."
Pour abattre encore plus de gibier, il faudrait réfléchir à autoriser le tir sur chevreuil lors des battues aux sangliers, qui peuvent avoir lieu jusqu'à fin janvier.
La battue est-elle vraiment mauvaise pour les animaux?
Les opposants à la battue disent qu'avec cette méthode, les animaux sont pourchassés de manière extrême. Laurent Schley nuance toutefois. "Pour le gibier, c'est une situation normale d'être stressé." C'est également le cas avec des prédateurs naturels, quand les animaux doivent les fuir. Il existe cependant aussi des alternatives et il faudrait à l'avenir adapter les méthodes de chasse au terrain. L'Administration de la nature a par exemple de moins en moins recours au bruit lors de ses chasses administratives dans la forêt Gréngewald, car il ne faut pas faire beaucoup de bruit lorsqu'il s'agit de chevreuils ou de cerfs.