Chasseurs de criminels nazisSerge et Beate Klarsfeld étaient à Luxembourg

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Le couple d'activistes a mené plus d'une action retentissante. La plus connue reste le geste de Beate Klarsfeld en 1968 lors d'un congrès du CDU en Allemagne.
Serge et Beate Klarsfeld au Luxembourg
Le couple d'activistes a mené plus d'une action retentissante. La plus connue reste le geste de Beate Klarsfeld en 1968 lors d'un congrès du CDU en Allemagne.

Beate Klarsfeld avait giflé le Chancelier allemand de l'époque, Kurt Kiesinger, qui avait été en son temps membre du NSDAP, le Parti national-socialiste des travailleurs allemands, communément appelé parti nazi. Un geste qui a marqué l'histoire.

"Nous avons essayé de faire des actions beaucoup plus importantes. Et c'était le congrès du parti chrétien-démocrate à Berlin. Je me suis préparée pendant une semaine, j'avais préparé avec un journaliste cette gifle, parce que c'était symbolique. La jeune Allemande qui gifle la génération nazie", explique Beate Klarsfeld.

Il faut expliquer que l'extrême-droite n'apporte jamais le bonheur (Beate Klarsfeld) 

Ayant la nationalité française, Beate Klarsfeld ne pouvait pas à l'époque être condamnée en Allemagne de l'Ouest. En France, elle écopera de quatre mois de prison avec sursis. Les années qui suivent, le couple se lancera à la recherche des criminels de guerre nazis. Notamment, Klaus Barbie, chef local de la Gestapo, surnommé le "boucher de Lyon", qui sera retrouvé en Bolivie, d'où il sera extradé vers la France. Une réussite notable parmi d'autres, comme l'explique Serge Klarsfeld: "D'abord de faire juger les criminels nazis qui avaient dirigé la solution finale en France. Ensuite d'expliquer quel avait été le sort des juifs en France pendant la solution finale."

"C'est le retour de la Shoah sur la terre d'Israël"

Plus tard, après de longues recherches, le couple publiera un livre reprenant une liste des 76.000 déportés juifs de France, le Mémorial de la déportation des Juifs de France. Il sera suivi par la publication en 1994 du Mémorial des enfants juifs déportés de France, qui contient l'identité des 11.400 enfants victimes de la Shoah. Le couple parcourt le monde depuis des années pour témoigner. La résurgence depuis plusieurs années de l'extrême-droite les préoccupe. Particulièrement parce qu'elle attire de plus en plus de jeunes, selon Beate Klarsfeld:

"Il faut expliquer que l'extrême-droite n'apporte jamais le bonheur. Au contraire, ce sont des barbares, ce sont des gens qui pensent à faire le malheur du monde. Je suis née en 1939. J'ai vu la guerre. Il ne faut pas recommencer, que ces partis reprennent le pouvoir dans les pays européens, où c'est déjà le cas un petit peu."
 
Ce qui se passe en Israël ces derniers jours serait épouvantable à suivre et réveillerait certains vieux souvenirs, selon le couple:

"Ce qui est arrivé, c'est le retour de la Shoah sur la terre d'Israël. Il est évident qu'Israël ne peut pas ne pas réagir et réagir militairement contre un ennemi qui prend le peuple palestiniende Gaza en otage et qui aussi refuse l'existence de l'Etat d'Israël."

L'avenir reste incertain. Mais nous souhaitons la paix – des deux côtés. Car la perte de parents et de proches est un sentiment qui déchire. Un sentiment dont le moins de gens possible doivent se souvenir.

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