"Si nous poursuivons sur le rythme (de négociations) que nous avions jusqu'ici, il est hautement probable de boucler les négociations de coalition d'ici la fin de la semaine prochaine", a lancé avec le sourire, mais la voix cassée, Luc Frieden devant les caméras.
Cette forte probabilité d'aboutir s'explique par le fait que "nous sentons vraiment que nous allons dans le même sens. Et c'est une bonne chose, car nous ne pouvons pas rester trop longtemps sans gouvernement apte à gérer le pays vu tous les défis auxquels le Luxembourg est confronté comme dans le domaine du logement, et la grave situation internationale". Comme depuis la première rencontre entre les deux partis sortis vainqueurs des élections législatives du 8 octobre, son "vœu est de continuer à négocier aussi vite et intensivement que possible avec les délégations" pour parvenir à un accord de coalition.
Le formateur ne voit pas de grandes divergences même s'il y a une série de points politiques "qu'il faut tout simplement aborder ensemble. Il y a des sensibilités différentes mais vu que les objectifs sont les mêmes -les deux partis veulent renforcer le pouvoir d'achat par exemple- alors il faut parler des modalités. Ça vaut aussi pour le domaine social, nous voulons davantage combattre la pauvreté et construire plus, donc nous discutons des modalités".
Luc Frieden n'est pas réticent à afficher les points de divergence, mais préfère insister sur l'esprit qui prévaut à la table des négociations pour afficher l'unité naissante. Car à ses yeux "il est important qu'il y ait un gouvernement avec un avis commun".
En se basant sur son ressenti, il explique qu'"au sein des deux délégations que ce n'est pas le DP contre le CSV, ou le contraire, mais qu'il y a l'envie de progresser sur les principales priorités (électorales) des deux partis. Et en lisant les deux programmes, on voit bien que ce sont les mêmes. Je sens que nous allons parvenir à un accord commun dans lequel chacun se retrouvera", résume Luc Frieden au moment où les discussions entrent dans la "phase décisive".
Quant à la répartition des portefeuilles ministérielles "on y pense intensivement en tant que formateur", avoue Luc Frieden avec un sourire malicieux, mais "on n'en n'a pas encore parlé entre partis", assure-t-il.
"C'est évident que j'ai déjà une série d'idées dans ma tête, mais il en sera question dans quelques jours", lâche Luc Frieden sans en révéler davantage pour ne pas polluer les débats importants à venir.
Ce qui ne signifie pas que le nouveau gouvernement Frieden-Bettel sera nécessairement ficelé et prêt à fonctionner à la fin de la semaine prochaine. Car "pour le moment on discute de points", mais "on n'a pas encore tranché sur la dimension exacte de l'accord de coalition. Mon but est de transposer un maximum de points figurant dans les deux programmes électoraux, dans l'accord de coalition." Il assure qu' "aucun parti ne doit renoncer à quelque chose de fondamental" du programme électoral sur lequel il a été élu.
Ce mardi, les discussions se poursuivront tout au long de la journée en compagnie des deux chefs de délégations Xavier Bettel (DP) et Claude Wiseler (CSV).
Luc Frieden doit rencontrer le Grand-Duc mercredi pour lui présenter un bilan d'étape des négociations. Les discussions seront ensuite mises en pause jeudi puisque Xavier Bettel participera à une conférence internationale sur la situation au Proche-Orient et en particulier l'aide humanitaire à fournir dans la bande de Gaza. Un retour au château de Senningen est envisagé pour vendredi.