
Le bruit, la poussière, des fenêtres qui vibrent: des petites routes mais surtout de gros poids-lourds compliquent la vie de la population à Kehlen. Le problème est connu à la mairie depuis 30 ans. Mais au cours des dernières années, le nombre de véhicules lourds traversant le village a explosé. Une solution a été demandée depuis longtemps auprès du ministère des Transports et de l'Administration des Ponts et Chaussées. Les riverains attendent beaucoup du nouveau gouvernement et espèrent obtenir bientôt une meilleure qualité de vie.
A Kehlen, l'un des noeuds du problème se situe rue de Mamer. Gilles Flammang a passé son enfance ici. Cependant il n'aime pas laisser ses propres enfants jouer seuls devant la porte ou se rendre à l'école non accompagnés. C'est trop dangereux.
"Nous en sommes maintenant vraiment à 1.000 camions par jour pendant la semaine. Certains jours, 1.200 même. Je pense que vous pouvez vous imaginer les répercussions négatives. Nous sommes exposés au bruit du freinage des camions, au bruit lorsqu'ils accélèrent à nouveau pour s'éloigner. Les maisons vibrent lorsque vous habitez le long de la route nationale," raconte Gilles Flammang, qui vit à Kehlen de puis 39 ans.
Au cours des 10 dernières années, le trafic de véhicules lourds traversant le village a doublé. Jusqu'à présent, le problème n'a jamais été une priorité pour les responsables politiques nationaux. Au Luxembourg, Kehlen est de loin la première commune impactée par le trafic de transit de véhicules lourds. A Bascharage, qui devrait finir un jour par avoir son contournement, ce trafic ne représente qu'un quart de ce qu'il est à Kehlen.
"Ces camions n'ont au fond rien perdu dans la commune de Kehlen. Ces poids-lourds, ce sont beaucoup du trafic de transit, du transport lourd de marchandises, de déchets inertes vers la décharge de Roost," explique Marc Picard, qui habite à Kehlen depuis 2006 et qui est président de l'initiative citoyenne locale.
Il n'y a pas de connexion entre les autoroutes A6 et A7. Le chemin le plus court passe par la campagne, par les virages étroits de Kehlen.
Un certain nombre de projets ont été proposés au cours des années, En 2012, un contournement était prévu, mais il n'a jamais été mis en oeuvre. Après l'ouverture des tunnels sur l'A7, une interdiction du transport lourd de transit dans le pays a été promise. Mais cela n'a rien donné non plus. Selon les responsables politiques locaux, la commune de Kehlen a simplement été oubliée.
"En 2012, un projet de loi avec une enveloppe budgétaire de 59 millions d'euros est passé à la Chambre afin de réaliser un contournement. En 2013, ce dernier a été rangé dans un tiroir sous le nouveau gouvernement.", explique le bourgmestre de Kehlen, Félix Eischen. "Jusqu'il y a deux ou trois ans, dans le cadre du Plan national de mobilité 2035, dont il est ressorti qu'il fallait faire quelque-chose dans la région. Suite à cela, il y a eu une réunion citoyenne, qui a établi clairement qu'il fallait des solutions à cout terme.“
Lundi matin, les responsables communaux de Kehlen ont finalement été contactés par le ministère des Transports et l'Administration des Pont & Chaussée. Une nouvelle réunion devra éclaircir certains points. D'ici là, l'instauration d'une zone 30 devrait démotiver le trafic de transit.
"(...) Et ensuite nous envisageons, nous espérons toujours ce fameux contournement," selon le bourgmestre.
C'est ce qu'espère la population locale en tout cas. Car si le pays doit poursuivre son développement, tel que l'envisage le nouveau gouvernement, cela implique de construire davantage, donc plus de trafic et plus de poids-lourds pour les habitants de Kehlen et des environs.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: