Xavier BettelRetour sur "une année 2020 remplie de défis politiques"

RTL Infos
Le Premier ministre est revenu sur les challenges auxquels son gouvernement a été confronté durant l'année écoulée.

Une année extraordinaire vient de se terminer, une nouvelle commence à peine et le moins que l'on puisse souhaiter pour 2021, c'est un peu de normalité. Afin de discuter de ce retour à la normale, du temps que cela va prendre et dans quelles mesures la normalité sera à nouveau rétablie, Xavier Bettel s'est plié aux questions de RTL en ce début d'année.

LE VACCIN: UN BON DÉBUT D’ANNÉE

L'année 2020 s'est terminée avec une lueur d'espoir lors du lancement de la campagne de vaccination un peu partout en Europe et également au Luxembourg. L'année 2021 sera l'année du vaccin, mais cela prendra encore du temps avant qu'une assez grande partie de la population ne reçoive les deux doses nécessaires.

Xavier Bettel est d'avis que ce but devrait pouvoir être atteint avant les grandes vacances, à condition qu'assez de citoyens souhaitent se faire vacciner. Les députés seront informés des prochaines étapes de la vaccination en janvier, ainsi que d'un plan à plusieurs étapes, comme demandé par l'opposition mais également par les Verts. Une loi "pandémie" ne devrait pas voir le jour trop rapidement, selon le Premier ministre qui souligne que cette décision doit être prise "à tête reposée".

SUPPRESSION DE L'ARTICLE SUR LA DÉNONCIATION

Pour le Premier ministre, l'idée était d'avoir un meilleur contrôle des personnes placées en quarantaine et qui ne respecteraient pas cette mesure. Il s'agissait surtout de permettre aux membres du traçage des contacts de signaler un non-respect de quarantaine, mais "nous ne souhaitions pas que cela prenne une tournure polémique alors l'article a tout simplement été retiré du texte de loi".

AMÉLIORATIONS POUR LE PERSONNEL DE LA SANTÉ

La pandémie a démontré l'importance d'avoir assez de personnel dans le domaine des soins et de la santé. Une réunion d'information se tiendra ce mois-ci entre le gouvernement et l'association des infirmières et infirmiers (ANIL) afin de proposer des pistes pour valoriser le métier ainsi que de renforcer et d'étendre les formations. Une amélioration est également prévue chez les médecins. La CGFP souhaite d'ailleurs rencontrer le Premier ministre afin de discuter des reproches concernant les tendances à la privatisation au sein de l’État.

ÉVITER UN 2e ÉTAT DE CRISE

Même s'il était plus facile de faire passer des lois pendant l'état de crise, Xavier Bettel ne souhaite pas renouveler l'expérience. "Ce n'est pas une bonne solution, car les textes de loi sont régulièrement adaptés voire améliorés par la Chambre et ses commissions parlementaires avant le vote", selon le Premier ministre qui insiste sur l'importance du système démocratique avec l'intervention de la Commission consultative des Droits de l'homme, du Conseil d’État ou encore des diverses Chambres.

L'IMPACT DE LA PANDÉMIE SUR LES SONDAGES

La présence quasi-permanente dans les médias a eu un réel impact sur les sondages qui ont fait grimper la ministre de la Santé à la première position des personnalités politiques préférées des Luxembourgeois. Mais le Premier ministre n'est pas jaloux, car "même quand Jean Asselborn était devant moi depuis que je suis à la tête du gouvernement, cela ne m'a jamais posé problème. La situation ne change pas avec madame Lenert qui occupe désormais la première position. Nous nous entendons très bien".

"RIEN A CACHER"

Interrogé sur l'accès aux informations par la presse, le Premier répond que les autorités n'ont rien à cacher:

"Jusqu'à présent, je ne pense pas que nous fassions de la rétention de chiffres. Le ministère de la Santé communique chaque jour les chiffres récoltés à travers le pays, un rapport hebdomadaire est même à disposition de la presse et des citoyens. Toutes les mesures prises ont été accompagnées des études réalisées au préalable pour le Parlement, afin que tous les acteurs soient au courant. Le fait de cacher certaines données ne serait dans l'intérêt de personne. Je peux vous dire que cela n'a pas été facile au début mais je ne vais pas insister".

ANNÉE DIFFICILE POUR LES JOURNALISTES

Enfin, l'Association luxembourgeoise des journalistes professionnels (ALJP) a fortement regretté l'absence des journalistes lors des conférences de presse pendant le premier confinement. Une situation problématique qui ne devrait pas se répéter, selon Roger Infalt, secrétaire général de l'ALJP, qui a souligné que les journalistes n'ont pas toujours pu poser les questions importantes et nécessaires en ces temps de crise. Le manque de clarté et de communication de la part des autorités a été fermement critiqué par l'association qui espère vivement que cela ne se reproduira plus.

Indépendamment de la crise, le manque de transparence et la pression exercée sur les journalistes au Luxembourg font que le pays ne soit pas un exemple en matière de liberté de la presse dans le classement mondial. Roger Infalt demande dans ce contexte une loi spécifique d'accès à l'information pour les journalistes luxembourgeois.

L'interview complète du Premier ministre (en luxembourgeois) avec traduction en langue des signes:

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