
Les discussions de ce jeudi déboucheront ou non sur une nouvelle tripartite. La dernière avait eu lieu au printemps. Après de nombreux échanges, un accord avait finalement été signé le 31 mars.
C'était une première pour le Luxembourg. Car après plus de 60 heures de négociations, un accord tripartite avait bien été trouvé, mais il n'était pas soutenu par tous les syndicats. Le gouvernement, le patronat, le LCGB et la CGFP s'étaient mis d'accord sur un "paquet de solidarité". Pour l'OGBL, le report de l'index était une ligne rouge à ne pas franchir.
Il s'agit d'un paquet historique, un paquet de solidarité qui coûte environ 830 millions d'euros. C'est ce qu'avait affirmé le Premier ministre Xavier Bettel lors de sa déclaration à la Chambre après la tripartite.
"Ce paquet permet à chaque ménage d'obtenir plus de pouvoir d'achat qu'avant la crise et nous surcompensons également de manière significative la perte de pouvoir d'achat des personnes qui en ont le plus besoin."
Quant à l'OGBL, elle considérait que l'index était manipulé. Pour sa présidente Nora Back, "c'était une tripartite-index depuis le début. Dès la première heure, nous n'avons parlé que de ce que le gouvernement devait faire pour que nous acceptions la demande du patronat au sujet de l'index."
Ce qui a été retenu: la tranche indiciaire d'avril a été payée. Des aides sélectives pour les ménages et les entreprises ont été convenues. De plus, il avait été également décidé qu'une 2e tranche indiciaire, à savoir celle qui est déjà tombée en juillet, sera reportée au printemps de l'année prochaine. Le tout accompagné d'une compensation par le biais d'un crédit d'impôt pour les ménages modestes.
"Cependant entre août et avril, les personnes qui font face à une perte de pouvoir d'achat seront surcompensées de cette perte via un crédit d'impôt. Elles seront donc plus compensées que le montant de la perte de pouvoir d'achat. Et ça concerne surtout des personnes à revenus moyens et faibles", a expliqué Xavier Bettel.
De plus, l'État avait décidé de fournir une aide de 7,5 centimes par litre de carburant jusqu'à fin juillet et cette mesure a ensuite été prolongée jusqu'à la fin de ce mois août.
Le Vice-Premier ministre François Bausch a qualifié cette mesure d'exceptionnelle: "On pourrait dire que c'est en contradiction avec d'autres éléments que nous nous sommes fixés comme objectifs, comme par exemple la crise climatique dont nous nous occupons aussi. Cependant, je pense qu'il est important de pouvoir prendre du recul pendant quelques mois, parce qu'il faut chercher à aider urgemment les gens qui ont besoin de cet argent. On a mis ça en place couplé avec une augmentation d'un ensemble de mesures qui doivent favoriser la transition écologique."
François Bausch a pourtant admis plus tard qu'il s'agissait d'une mesure inutile.
Lors de la tripartite, il a aussi été décidé de geler les loyers jusqu'à la fin de l'année, de rendre la "Prime House" plus sociale et de répartir différemment les recettes de la taxe CO2.