Bornes de recharge au LuxembourgRecharger sa voiture électrique au travail, un luxe?

Marc Hoscheid
La mobilité électrique devrait être davantage développée au Luxembourg, plaident des spécialistes, insistant notamment sur le manque d'infrastructures de recharge dans les entreprises.

Depuis fin juillet, les entreprises qui se procurent des véhicules électriques bénéficient de primes plus élevées. Tandis que certaines entreprises perçoivent la transition vers l'électromobilité comme un défi majeur, d'autres y voient une opportunité et un fondement pour leur modèle économique. Nous avons questionné différents acteurs à ce sujet.

C'est un sujet essentiel pour tous les propriétaires de voitures électriques. La mobilité électrique représente un enjeu majeur pour les exploitants de stations-service. Pour rester compétitifs, les membres du Groupement énergie et mobilité Luxembourg, anciennement Groupement pétrolier, misent avant tout sur un chargement très rapide. 

Ainsi, depuis juin, une station de Senningerberg s'est dotée de trois superchargeurs où un maximum de 300 kilowatts sont disponibles pour six véhicules. Cet investissement a été réalisé sans subvention de l'État. 

Paul Kaiser, vice-président du groupement: "Pour moi, les superchargeurs sont idéals pour une station-service, parce qu'ils sont rapides. Les gens n'ont pas besoin de rester trop longtemps, ça dure entre 10 à 20 minutes, ça prend rarement plus de temps. Les chargeurs plus lents, les chargeurs AC qu'on peut encore trouver dans les villages, coûtent cher pour une station-service. Les gens y restent pendant des heures et ça n'a aucun sens dans une station essence."

Pouvoir recharger efficacement son véhicule à une station-service est surtout important pour les personnes qui vivent dans une résidence sans bornes électriques. Mais, il devrait également être possible de recharger son véhicule en dehors des stations. L'Automobile Club du Luxembourg (ACL) souhaite augmenter la capacité de chargement de son site à Bertrange. Il y a actuellement trois bornes et après la conversion, il devrait y en avoir jusqu'à 40. En dehors du coût de 500.000 euros auquel l'État contribue jusqu'à une hauteur de 100.000 euros, un autre défi surgit. 

Jean-Claude Juchem, le directeur de l'ACL: "Vous avez besoin de personnes qui peuvent vous dire comment ça doit être calculé. Est-ce que vous avez besoin de chargeurs rapides, combien de bornes est-ce qu'il vous faut pour recharger pendant la journée et combien pour recharger la nuit? Est-ce que vous donnez accès aux voisins ou au public pour qu'ils puissent en profiter? Ce sont des questions auxquelles des spécialistes doivent répondre."

Apporter des réponses à ce genre de questions fait partie du modèle économique de la start-up Moovee dont les locaux se trouvent au Paul Wurth InCub. En plus de conseiller les entreprises sur l'installation et l'entretien de bornes de recharge, la start-up propose également un système de partage. Ainsi, l'employé peut louer une voiture à l'entreprise pendant une certaine période via une application, et ce, même pendant son temps libre afin d'éviter que les véhicules restent stationnés le soir et les week-ends au sein du parking. Chaque entreprise détermine ses prix. La plupart des véhicules sont électriques, mais ils ne conviennent pas à tous les clients.

Sébastien Berthelot, le directeur général de Moovee: "Nous, on promeut la mobilité électrique. 22% de notre flotte de véhicules ne sont pas électrifiés, ces véhicules sont encore thermiques. La raison est très simple, en prenant l'exemple de l'Université du Luxembourg qui a des parkings qui ne sont pas équipés aujourd'hui de bornes de recharge. Nous, on leur met des véhicules en partage à disposition, mais ces véhicules sont thermiques parce qu'il n'y a pas de bornes de recharge."

Il reste donc encore un peu de travail à réaliser avant que chacun puisse recharger sa voiture électrique au travail, ce qui devrait au moins réjouir les stations-service.

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