
Les électeurs auront le choix entre 13 listes en tout, c'est-à-dire 78 candidats pour six sièges à pourvoir pour le Grand-Duché au Parlement européen. Comme pour les autres scrutins, le vote est obligatoire au Luxembourg. Il est encore possible jusqu'au 15 mai de déposer auprès de sa commune une demande pour voter par correspondance.
Nos collègues de RTL, Marc Hoscheid et Joël Detaille, ont discuté des enjeux de ces élections et des attentes des électeurs.
Joël: La campagne électorale pour les européennes débute officiellement lundi. Le 9 juin, les citoyens sont appelés au Luxembourg à élire leurs représentants au Parlement européen. Au cours des cinq prochaines semaines, les différents partis politiques vont tenter de convaincre les électeurs avec leurs idées. Mais qu'attendent les citoyens de cette campagne électorale?
Marc: Il y a surtout un changement par rapport aux dernières élections. Depuis la nuit de vendredi à samedi sont apparues les premières affiches électorales. A ce sujet, les sept partis représentés à la Chambre, à savoir le CSV, le DP, le LSAP, l'ADR, les Verts, les Pirates et la Gauche ainsi que le parti d'opposition Fokus, qui n'est pas présent au Parlement, ont cette fois renoncé aux panneaux alvéolaires. Ce sont les panneaux composés de polypropylène généralement accrochés aux lampadaires. Cela ne signifie toutefois pas qu'il faudra se passer de toute affiche électorale, mais que les partis vont miser sur des panneaux plus appropriés.
En ce qui concerne RTL, au cours des cinq semaines qui viennent, des représentants de toutes les listes en lices auront la parole à la radio en tant qu'invités de la rédaction, afin que les auditeurs puissent se faire une image la plus complète possible de l'offre politique. D'autres émissions seront diffusées, notamment une table-ronde officielle à la radio et une autre à la télévision. L'organisation de ces émissions ne sera pas simple étant donné le nombre de partis qui présentent des candidats. Il n'y en avait jamais eu autant.
Joël:Donc pour la première fois, 78 candidats, répartis en 13 listes, se présentent face aux électeurs. Que peut-on dire de ce début de campagne et quels sont les enjeux?
Marc: Il s'agit de six sièges au Parlement européen. A la différence des élections législatives, le pays n'est pas cette fois divisé en circonscriptions, mais chaque électeur peut donner une voix à n'importe quel candidat dans le pays. Le vote est obligatoire pour tous les citoyens âgés de 18 à 75 ans inscrits sur les listes électorales. Actuellement, le CSV a deux élues au Parlement européen: Isabel Wiseler et Martine Kemp. Le DP, le LSAP et les Verts ont chacun un siège, occupé respectivement par Charel Goerens, Marc Angel et Tilly Metz. Il faut y ajouter Monica Semedo, qui a été élue au Parlement européen pour le DP, mais siège actuellement en tant que députée indépendante. Au total, ce sont 720 sièges au Parlement européen qui seront cette fois attribués. Ils sont répartis entre les 27 états-membres.
Le Parlement européen est, avec la Commission européenne et le Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement, l'une des trois institutions déterminantes de l'Union européenne. Le Parlement est la seule institution directement élue par les citoyens, mais contrairement aux deux autres, il ne dispose d'aucun droit d'initiative. Même si le Parlement élit la Commission, son influence sur sa composition est plutôt limitée.
Joël:Que disent les sondages à propos du résultat des élections?
Marc: Les sondages doivent toujours être appréciés avec précaution. Il ressort d'une enquête du portail d'information Euractiv publiée fin février, que le CSV obtiendrait 3 sièges, le LSAP 2 et le DP 1 siège. Le résultat pourrait être tout autre. Il est tout aussi incertain que le CSV remporte vraiment un troisième siège, que le LSAP en gagne un de plus et que le DP et les Verts en perdent un. Il se peut tout aussi bien que pour la première fois de son histoire, l'ADR entre au Parlement européen. Il n'était pas passé loin il y a cinq ans avec 10% des voix. Le LSAP était passé avec 12,2% en 2019.
Un changement pourrait intervenir si les Verts perdent massivement des voix, comme lors des élections législatives. En ce qui concerne le DP, il sera intéressant de voir si le fait que Monica Semedo ne se présente plus avec les libéraux entraînera pour eux une perte de voix. En 2019, plus de 50.000 personnes avaient exprimé leur confiance à Monica Semedo.
Mardi, RTL et le Luxembourger Wort vont publier les résultats d'un sondage Politmonitor. Il sera également intéressant de voir comment va évoluer le taux de participation électorale, qui était de 50,6% il y a cinq ans, et ainsi plus élevé qu'au cours des 20 années précédentes. Mais la campagne électorale ne fait que commencer et beaucoup de choses peuvent encore se produire dans les cinq prochaines semaines, notamment au niveau de la situation internationale.