Des millions d'euros, mais pas pour tousQue faire de l'épargne accumulée par les Luxembourgeois?

Thomas Toussaint
La crise du coronavirus et l'arrêt de l'économie ont contribué à faire grandir l'épargne de nombreux Luxembourgeois. Mais que faire de ces centaines de millions d'euros mis de côté?

Le marché du travail a retrouvé sa force, la croissance et l'inflation aussi. Et si tous les secteurs ne se sont pas complètement relevés, l'heure est à l'optimisme au Luxembourg.

En parallèle, pendant que l'économie avait un genou à terre en 2020, les Luxembourgeois ont épargné. Beaucoup. Et de manière contrainte. Car la longue fermeture de plusieurs secteurs d'activité, notamment les loisirs, a coupé nette de nombreuses dépenses.

Dans une publication de ce début octobre, la Fondation Idea rappelle qu'à l'été 2021, les résidents avaient 1,8 milliard d'euros de plus que d'habitude sur leurs "comptes à vues". Soit "environ 10% de leurs dépenses de consommation sur le territoire" et "quasiment autant que ce que le gouvernement a mis sur la table (hors reports de paiements et garanties) pour venir en aide aux ménages et aux entreprises depuis mars 2020".

Mais attention: tous ne possèdent pas d'importantes sommes à la banque. Quand certains ont continué à travailler, d'autres ont été mis au chômage partiel et ont perdu une partie de leurs revenus. Ainsi, les ménages les moins aisés ont très probablement dû amortir la chute en épargnant moins que d'habitude, voire en utilisant cette épargne, alors que les autres pouvaient faire gonfler leur matelas financier. Les 1,8 milliard d’euros amassés "se trouveraient largement concentrés" chez les 40% de ménages les plus riches selon Idea.

Reste à déterminer ce que pourrait devenir cette somme. La Fondation Idea voit trois possibilités: surconsommer lors d'un long retour à la normale, conserver une épargne de précaution en prévision d'un prochain coup dur et investir dans un logement ou de l'épargne financière.

Une chose est sûre, l'économie luxembourgeoise pourrait en tirer avantage. À condition que la situation sanitaire et économique soit suffisamment bonne pour ne pas effrayer les résidents, qui seront soucieux d'assurer leurs arrières. À condition également que la consommation puisse pleinement repartir au Grand-Duché. Pour l'horeca par exemple, cela dépend des mesures sanitaires et du maintien du télétravail. Le gouvernement pourrait également tirer quelques ficelles fiscales pour encourager les épargnants à dépenser ou investir leur pécule.

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