3e vague de recrutementQuand y aura-t-il suffisamment de policiers sur le terrain ?

Maurice Fick
La police grand-ducale et le ministre de la Sécurité intérieure ont lancé ce mardi une 3e vague de recrutement substantielle où les besoins en agents sont criants. Les 200 premiers formés arriveront en renfort en mai 2023. Mais il faudra patienter pour que l'effet des vagues de recrues soit réel dans la rue.
© Domingos Oliveira / archives

Si l'adaptation des civils qui entrent dans la police peut se faire en un mois, le recrutement et la formation des agents est un travail "au long souffle", prévient d'emblée Henri Kox, ministre de la Sécurité intérieure, au moment de lancer la 3e vague de "recrutement exceptionnel" ce mardi à l'École de police au Findel. La police cherche pour la troisième fois, à recruter 200 personnes.

La volonté politique du gouvernement Bettel d'étoffer enfin une police excédée par le manque de personnel est bien soulignée par Henri Kox. Ses annonces ministérielles se suivent depuis la première vague de recrutement en 2020, mais le résultat se fait attendre tant dans les commissariats du pays que par les résidents qui aimeraient voir plus souvent des hommes en uniformes dans leur ville, leur quartier.

 2023 ne sera pas l'année des grands renforts, car 50 départs à la retraites sont déjà annoncés jusqu'ici

"À partir de mai 2023 ça ira mieux chaque année", promet le ministre Kox. La première promotion de 200 jeunes policiers (144 hommes et 54 femmes) formés durant deux ans à l'École du Findel sera opérationnelle. Même si l' "embauche de 300 civils en trois ans, se fait déjà ressentir dans les services".

RETOUR À UN "FONCTIONNEMENT NORMAL"

"Déjà 200 policiers ça aide beaucoup", reconnaît Alain Engelhardt, directeur central Stratégie et Performance de la Police. Mais prévient-il, "2023 ne sera pas l'année des grands renforts, car 50 départs à la retraites sont déjà annoncés jusqu'ici et il faudra combler toutes les absences pour congés parentaux, tâches partielles, congés sans solde..."

2023 sera donc plutôt l'année du retour à "un fonctionnement normal". C'est en mai 2024 que les doléances du SNPGL trouveront donc une réponse palpable. Ce qui fait dire à Henri Kox que ce n'est qu'à l'horizon "2024-2025 qu'il y aura la présence substantielle dont nous avons tous besoin là dehors".

RECRUTEMENT ET NOUVELLE CAMPAGNE

Le recrutement de la 3e vague démarrera effectivement en novembre 2022 par l'épreuve spéciale dont la première barrière doit impérativement être franchie par les 200 futures recrues de l'école: l'épreuve sportive éliminatoire. Suivie d'une série de tests de langues, culture générale, psychologiques...

L'épreuve spéciale aura lieu du 10 au 24 novembre pour les candidats du groupe de traitement C1 et du 24 octobre au 7 novembre pour le groupe B1.

Pour attirer de nouveaux candidats, la police a lancé le week-end passé une nouvelle campagne de promotion des métiers dans la police. Spots au cinéma, affiches, vidéos sur les réseaux sociaux, tout est bon pour développer l'image d'un métier à responsabilité et d'engagement au service des citoyens. Son slogan: "Well si dech brauchen, brauche mir dech" (Traduisez par: "Comme ils ont besoin de toi, nous avons besoin de toi").

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