Économies d'énergiePourquoi limiter l'éclairage public n'est pas si simple

Gaël Arellano
Des lycées, des écoles, des parkings ou encore des voies d'accès "pleinement illuminées" la nuit alors même que le gouvernement incite la population à économiser l'énergie, ça soulève des questions.
© Envato

Dans une question parlementaire adressée au ministre de l'Énergie, le député CSV Gilles Roth, s'est intéressé à la problématique de l'éclairage public dans la commune de Mamer. Il évoque notamment le cas du campus scolaire de Tossebierg qui regroupe le Lycée Josy Barthel et la deuxième Ecole européenne.

D'après lui, les deux établissements ainsi que leurs alentours (parking, piste cyclable, voie d'accès, halte CFL) sont "pleinement illuminés tant en soirée que durant la nuit". Une situation qui irait à l'encontre de la campagne d'économies d'énergie lancée par le gouvernement au mois de septembre. Gilles Roth a donc demandé des explications au ministre compétent, Claude Turmes, qui lui a répondu mardi via un courrier parlementaire.

Dans sa réponse, M. Turmes a confirmé qu'il avait été demandé aux communes du pays de "renforcer leurs efforts d'économies d'énergie" et que l'accent avait été mis sur l'éclairage public. Cependant, il s'avère que dans la pratique, ce n'est pas si simple que ça.

UNE TÂCHE COMPLIQUÉE

En effet, pour obtenir une extinction temporaire de l'éclairage de la voirie publique entre 1h et 5h du matin, les communes doivent introduire une demande auprès du ministère. Une circulaire gouvernementale a d'ailleurs été envoyée aux communes le 6 octobre dernier. Un courrier qui a engendré 19 demandes (sur 102 communes) dont 15 qui ont pu être "traitées favorablement". Un "succès considérable" aux yeux du ministre.

Néanmoins, il explique que les opérations techniques liées à l'extinction de l'éclairage public "s'avèrent souvent complexes". Il précise que les installations visées doivent souvent subir des "transformations". Elles doivent notamment être équipées de "smart-meters" et de dispositifs de déclenchement pour permettre de les réactiver à un horaire spécifique.

Et ça ne s'arrête pas là puisque les compétences du gouvernement luxembourgeois en matière d'éclairage public "sont limitées par l'autonomie communale". Concrètement, cela signifie que sans une démarche volontaire de la commune, mettre en place des mesures d'économies d'énergie peut être une tâche compliquée. Dans certaines communes, une concertation intercommunale peut même être nécessaire.

Enfin, l'avancement des travaux destinés à éteindre l'éclairage public dépend également "des Ponts et Chaussées" et des "opérateurs réseau des communes concernées", a souligné Claude Turmes.

MAMER MONTRE L'EXEMPLE, BERTRANGE TRAÎNE

Soucieux de répondre aux préoccupations du député CSV, le ministre a évoqué le cas de la commune de Mamer et du campus de Tossebierg. Il assure que Mamer a été la première commune du pays à introduire une demande d'extinction de l'éclairage public et à la mettre en place. "Ce n'est pas le cas des communes adjacentes", a-t-il ajouté.

Anticipant des questions à ce sujet, il a souligné que les lumières ne pouvaient pas être éteintes autour des points dangereux tels que les tunnels et les échangeurs d'autoroute.

Pour ce qui est du campus scolaire, Claude Turmes affirme que l'éclairage du Lycée Josy Barthel et ses alentours directs a déjà été réduit "au strict minimum en respectant les consignes de prévention et de sécurité".

En ce qui concerne l'École européenne, il précise que la décision a été prise il y a deux semaines d'éteindre l'éclairage extérieur entre 23h et 6h du matin.

Seul l'accès qui se situe sur le territoire de la commune de Bertrange reste encore illuminé puisqu'aucune demande n'a été faite par son administration pour procéder à des coupures d'éclairage.

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