Selon le Premier ministre luxembourgeois, les discussions entre Russes et Américains à propos de l’Ukraine n’ont apporté aucun élément nouveau significatif. Les délégations ont siégé pendant cinq heures sans parvenir à un accord sur les points essentiels concernant la voie vers la paix en Ukraine. En particulier, la Russie maintient ses revendications territoriales en Ukraine, ce dont il ne peut être question ni pour le pays lui-même ni pour l’Union européenne. Luc Frieden ne perçoit donc toujours pas “une volonté très forte du côté russe de mettre fin immédiatement à la guerre” et de céder aux exigences européennes.
La rencontre entre les délégations américaine et russe à Moscou n’était au mieux qu’une “étape intermédiaire”, a déclaré Luc Frieden lors d’un entretien avec des journalistes mercredi matin. Aucun “progrès significatif"» n’a été constaté. Les Européens ne pourront d’ailleurs juger des progrès que s’ils sont présents à la table des négociations, a ajouté le Premier ministre, actuellement en visite officielle dans les Balkans. Il était en Croatie mardi et au Monténégro mercredi.
Questionné sur les discussions en cours au sein de l’Union européenne concernant l’utilisation des avoirs de l’État russe gelés, Luc Frieden s’est dit “confiant” quant à la possibilité de parvenir à un accord lors du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement européens, fin décembre. Le Premier ministre luxembourgeois a insisté sur la nécessité de trouver une solution, et de garantir que la stabilité financière européenne ne sera pas remise en question. La Commission a présenté plusieurs options, dont certaines, selon lui, pourraient recueillir un large consensus.
Luc Frieden n’a pas pu se prononcer pour l’instant sur le contenu concret de l’accord auquel pourraient parvenir les États membres de l’UE. La Belgique, où les avoirs russes sont actuellement gelés chez Euroclear, craint toujours des conséquences juridiques et politiques et bloque l’accord.
Luc Frieden s’est rendu mercredi en visite officielle au Monténégro, après sa visite en Croatie où il a rencontré le Premier ministre Andrej Plenković et le président du Parlement croate. Plusieurs responsables politiques d’Europe occidentale se rendent actuellement dans les Balkans occidentaux, animés par la même préoccupation : en ces temps de tensions géopolitiques, faire en sorte que les pays des Balkans occidentaux se sentent “les bienvenus” au sein de l’Union européenne. Par crainte que la Russie, la Chine ou l’Arabie saoudite ne profitent du vide pour les attirer avec eux. C’est pourquoi Luc Frieden insiste sur le fait que l’on ne peut pas laisser trop longtemps ces candidats potentiels dans “la salle d’attente de l’Union européenne”.
A 28 en 2028 ?
Le Monténégro a réalisé de loin les progrès les plus importants. C’est pourquoi le Premier ministre luxembourgeois estime que le pays pourrait conclure les négociations d’adhésion d’ici la fin de l’année prochaine et devenir le 28e État membre en 2028.
Le Luxembourg souhaite dès à présent nouer de bonnes relations avec ce futur membre potentiel et considère qu’il est important que l’UE accueille un nouveau membre dans les années à venir.