HesperangePlusieurs projets de construction lancés sans appel d’offres pour gagner du temps

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
La nouvelle bourgmestre de Hesperange, Diane Adehm, admet des erreurs et promet qu’à l’avenir, la loi sera respectée, même si cela doit prendre plus de temps.
À Hesperange, plusieurs projets de construction n'ont pas fait l'objet d'appels d'offres publics.
© RTL (archive)

Depuis plus d’un an maintenant, Diane Adehm est bourgmestre de Hesperange. Elle a succédé à Marc Lies, qui avait auparavant dirigé la commune pendant 16 ans. En fait, l’actuelle bourgmestre préférerait regarder vers l’avenir, mais elle se retrouve régulièrement confrontée à des dossiers hérités de son prédécesseur. Le plus récent concerne des projets de construction n'ayant pas fait vraiment l'objet d’appels d’offres publics.

"Nous avons fait quelque chose de répréhensible"

Et il ne s’agit pas d’un ou deux projets. Si l’on en croit le conseiller communal LSAP Mathis Godefroid, pas moins de sept projets seraient concernés, dont le Centre civique de Hesperange, la nouvelle salle de sport au Holleschbierg et le lotissement "Rotweith" à Alzingen. Au total, des travaux d’une valeur de 130 millions d’euros auraient ainsi été attribués à des entreprises sans avoir fait l’objet d’un appel d’offres préalable. Une situation qui, une fois de plus, donne une très mauvaise image de la commune.

"Ces documents peuvent être consultés par le public. Cela entraîne une rupture de confiance, y compris auprès des citoyens, car c'est l’argent de leurs impôts que nous dépensons. Nous avons fait quelque chose de répréhensible et, une fois encore, c’est une situation dont nous devons, à Hesperange, avoir un peu honte, puisque nous n’avons pas respecté la loi."

Une commune doit elle aussi respecter ces règles, ne serait-ce que pour montrer le bon exemple aux citoyens. Dans le cas des marchés publics, ce ne serait d’ailleurs pas particulièrement difficile. Et si l’on estime que la loi n’est pas bonne, il faut alors œuvrer au niveau national pour qu’elle soit modifiée. Le conseiller vert Stephen De Ron ne comprend pas non plus que la majorité CSV-DP ait procédé de cette manière pendant une période prolongée. Alors que l’ancien bourgmestre Marc Lies n’avait aucunement conscience d’avoir commis une faute, cela a au moins changé depuis :

"Lors du conseil communal de l’année dernière, lorsque nous avons examiné ce contrôle financier, j’ai reçu une réponse que l’on pourrait résumer ainsi : oui, ces règles sont contraignantes, c’est un peu trop compliqué et, si nous devions respecter à chaque fois les règles relatives aux marchés publics, nous n'avancerions pas vraiment. À l’époque, le groupe des Verts avait fait remarquer que les lois sont là pour être respectées. Cette année, Madame Adehm a déclaré que la manière dont les choses avaient été faites n’était pas correcte et qu’elle voulait désormais respecter la loi à la lettre."

"Nous sommes peut-être allés un peu trop vite pour faire avancer ces projets"

La bourgmestre de Hesperange le confirme également dans l’interview accordée à RTL : "Nous étions bien conscients que nous ne respections pas la loi comme nous aurions dû le faire. Mais lorsque vous voulez faire avancer des projets, vous essayez de les faire progresser. Et nous sommes peut-être allés un peu trop vite pour faire avancer ces projets. La seule chose que je puisse vous dire, c’est que nos fonctionnaires ont suivi des formations et que nous avons également discuté avec d’autres communes pour voir comment elles procèdent." Cela ne signifie toutefois pas que d’autres cas similaires ne pourraient pas encore être rendus publics à l’avenir, car le ministère des Affaires intérieures n’aurait, pour l’instant, contrôlé que les projets des années 2023 et 2024.

Avant l’entrée en vigueur de la loi actuelle en 2018, il existait simplement un barème de l’Ordre des ingénieurs et architectes, qui fixait très précisément le pourcentage des coûts de construction auquel les architectes et les ingénieurs avaient droit. Par conséquent, le fait de ne pas procéder à un appel d’offres n’aurait pas été problématique, puisque tout le monde percevait de toute façon les mêmes pourcentages et que personne ne pouvait donc soumettre une offre moins chère. Aujourd’hui, il faudrait d’abord faire établir tout un programme ainsi qu’un cahier des charges avant de pouvoir lancer un appel d’offres pour un architecte, ce qui ferait perdre beaucoup de temps en amont.

Diane Adehm reconnaît certes des erreurs, mais souligne également que Hesperange, tout comme Pétange, où aucun appel d’offres n’avait été lancé pour la construction d’un parking à Rodange, ne seraient pas des cas isolés. Elle se dit convaincue que plus de la moitié des 100 communes auraient enfreint, ces dernières années, la législation sur les marchés publics. Cela ne devrait bien entendu pas constituer une excuse pour les communes concernées.

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