
Les organisations, dont le Mouvement écologique, natur&ëmwelt et Greenpeace Luxembourg, à l'origine de cette initiative citoyenne européenne (ICE) se réjouissent de l'issue d'une campagne de deux ans qui a permis de recueillir plus de 1,16 million de signatures dans toute l'Union européenne.
L'ICE "Sauvons les abeilles et les agriculteurs!" demande une réduction de 80% de l'utilisation des pesticides de synthèse d'ici 2030 et de 100% d'ici 2035 dans l'UE, des mesures visant à restaurer la biodiversité sur les terres agricoles et un soutien massif aux agriculteurs pour qu'ils se convertissent à l'agriculture biologique et aux mesures agrobiologiques.
Au Luxembourg aussi, le nombre minimum de 4.500 a été nettement dépassé avec 5.293 signatures. Cela montre que, chez nous aussi, de nombreux citoyens s'engagent en faveur d'une agriculture sans pesticides et respectueuse de la vie, et qu'il est dans l'intérêt des citoyens de façonner et de subventionner l'agriculture dans une optique d'avenir. Si les signatures sont confirmées par les autorités compétentes, la Commission européenne et le Parlement européen devront mettre les demandes de l'initiative à l'ordre du jour. La Commission européenne, mais aussi le gouvernement luxembourgeois et les ministères concernés doivent agir.
Raymond Aendekerk, directeur de Greenpeace Luxembourg, affirme que "les exigences envers les décideurs politiques sont une fois de plus mises en évidence par le succès de l'initiative citoyenne européenne. La biodiversité et la survie de nos agriculteurs et producteurs de denrées alimentaires sont étroitement liées. Les objectifs de l'UE visant à préserver le climat et l'environnement et à promouvoir l'agriculture durable, comme le Green Deal et la stratégie "de la ferme à la table" ne doivent pas rester de vains mots".
Roger Dammé, apiculteur et responsable du secteur des pesticides au sein du Mouvement écologique souligne que "le succès de l'ICE nous conforte également dans l'idée qu'il est grand temps de mettre en œuvre les principales mesures du plan d'action national visant à réduire l'utilisation des pesticides, dont la mise en œuvre est attendue depuis près de cinq ans". En outre, il précise qu'une réforme en profondeur de la politique agricole de l'UE est absolument nécessaire et est réclamée par de nombreux citoyens européens.
Là aussi, le gouvernement luxembourgeois a une responsabilité. Jusqu'à présent, il y a eu un manque de transparence et d'échange ouvert avec les organisations environnementales et la société civile.