Réglementations européennesPlus d'Europe oui, mais pas encore plus de règles

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René Winkin, le directeur de la Fedil, était l'invité de la rédaction de RTL jeudi. Il a été question des prochaines élections européennes
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L’Europe devrait "reprendre conscience de ce qui fonctionnait mieux il y a dix ans que maintenant". "Nous voulons que quand l'Europe légifère, ce soit une législation, où 27 législations nationales sont supprimées et remplacées par une nouvelle, plutôt que des couches européennes supplémentaires sur 27 législations", a expliqué jeudi sur RTL le directeur de la Fedil, la Fédération des entreprises industrielles. Selon René Winkin, dans de nombreux domaines, les Etats membres la jouent perso, qu’il s’agisse de la crise énergétique ou de la manière dont la décarbonation doit être mise en œuvre. Là, René Winkin souhaite plus d'Europe. Mais pour le directeur de la Fedil, plus d'Europe ne peut pas signifier encore plus de règles. Il espère que dans les cinq années qui viennent, des règles seront "digérées" ou simplifiées. Il est en effet convaincu que de nouvelles règles feront encore grimper les prix. Il dit pouvoir citer "une centaine d'exemples", mais il en a choisi un: la règle selon laquelle le bouchon doit rester fixé à la bouteille et son impact sur un producteur d'emballages luxembourgeois. L'adaptation aurait coûté à l'entreprise 45 millions d'euros d'investissement et cela pour un chiffre d'affaires de 45 millions. Ces coûts doivent bien être répercutés quelque part.

Les règles ont cependant un sens et un but et elles sont souvent la réaction à des erreurs commises. A cette remarque, René Winkin a répondu que la Fedil n'était pas contre les règles, mais "le problème, c’est la panoplie et la rapidité avec laquelle ces réglementations pleuvent sur les entreprises." Pour lui, il faut trouver un équilibre.

La Fedil ne prend pas position sur le droit de veto

Ce qui aurait également un coût, c'est que l'UE ne s'accorde pas pour protéger les domaines "stratégiques" de l'économie par des taxes sur les importations ou des subventions, comme c'est le cas aux États-Unis. "Aux Etats-Unis, l'avantage, c'est que c'est fédéral, c'est décidé à Washington (...) et puis c'est appliqué." En Europe, "cela conduit à des discussions et les Etats membres ne s'entendent pas." C'est peut-être dû à la conception de l'UE que nous ne puissions pas réagir assez rapidement et que nous perdions du temps.

La Fedil est-elle favorable à l'abolition du droit de veto des Etats membres? Le droit de veto dans les questions fiscales est considéré par le CSV et le DP comme le garant de la place financière. René Winkin a indiqué que la Fedil n'a pas de position sur le sujet, car cela ne concerne pas l'industrie, mais plutôt le budget de l'Etat.

Pas de recommandation de vote, mais ...

De tout ce qu'a dit René Winkin jeudi matin, tire-t-on une recommandation à voter contre la gauche, les écologistes et les partis nationalistes et pour le DP? La Fedil est neutre et ne fait pas de recommandation de vote, selon René Winkin. Il a toutefois ajouté qu'il faut écouter quels candidats sont conscients de l'existence d'un problème et souhaitent agir. Il peut y avoir de ces candidats dans "tous les partis". Il a également souligné que, de toute façon, une coalition de plusieurs partis devra se former au sein de l'UE et que, par conséquent, on a besoin dans plusieurs partis de personnes capables de fournir rapidement les bonnes réponses.

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