
"La sidérurgie en Europe est en crise (...) les sites, quels qu'ils soient, sont tous à risque en Europe et donc en France aussi", a déclaré Alain Le Grix de la Salle, lors d'une audition parlementaire à Paris le 22 janvier.
--> Nouvelle crise de l'acier: Tous les sites d'ArcelorMittal en Europe menacés de fermeture?
Lors de la réception de Nouvel An au siège luxembourgeois du géant de l'acier, une équipe de RTL s'est enquis de la situation au Luxembourg. ArcelorMittal emploie actuellement 3.450 salariés au Grand-Duché.
230.000 tonnes de poutrelles sortent chaque année du centre logistique de Niederkorn à destination du marché européen. Ce dernier est relativement stable, il est fort lié à des projets déjà payés. En plus, le Luxembourg présente l'avantage de s'être spécialisé dans des produits de niche. Ainsi il n'y a plus en Europe aucun tram qui ne roule pas sur des rails sortis de la fonderie de Rodange.
Le Grand-Duché est également connu pour la production de palplanches, utilisées pour construire des murs d'acier. Elles sont par exemple utilisées pour le renforcement de digues. Dans ces branches, ArcelorMittal Luxembourg a une avance en matière de savoir-faire et comme il y a peu de concurrence, le prix nécessaire peut être demandé, selon le country manager, Henri Reding. Mais c'est une question de temps.

Une tonne d'acier sur 1.000 provient du Luxembourg aujourd'hui. Alors que c'était encore une tonne sur 100 dans les années 60. Le secteur métallurgique est en crise dans toute l'Europe: la production européenne a diminué de moitié au cours des 10 dernières années. L'Europe importe davantage qu'elle n'exporte, alors que les usines ne sont pas exploitées à leur plein rendement. Tel est le constat du secteur.
En outre, il faut composer avec des importations bon marché en provenance de Chine qui, avec une surcapacité de 100 millions de tonnes, sont exportées directement sur le marché européen ou qui évincent d'autres producteurs d'acier, explique Henri Reding. Pour les producteurs européens, il faut y ajouter des taxes CO2 de plus en plus élevées: “Plus aucune industrie n'y arrive”, prévient le country manager.
Un autre problème concerne les prix élevés de l’énergie, qui sont 4 à 5 fois plus élevés en Europe qu’ailleurs. En outre, il y a un manque de prévisibilité quant à l’évolution future des prix.
Pour pouvoir alimenter les installations avec sa propre électricité, le centre logistique dispose de plus de 8.000 cellules solaires sur son toit avec une capacité maximale de 5 mégawatts par jour. Cela suffit à approvisionner le centre logistique et à alimenter une bonne partie du réseau interne, explique le responsable du centre, Fred Weissenburger. Mais pour faire fonctionner un haut fourneau électrique, c'est loin d’être suffisant: il faut environ 150 mégawatts par jour.
