LuxembourgPas tous égaux face au risque de pauvreté, notamment à cause du logement

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En 2022, 12.9% des travailleurs au Luxembourg étaient en situation de risque de pauvreté. Plus de la moitié des travailleurs en situation de pauvreté opèrent dans quatre secteurs d'activité spécifiques, à savoir la construction, l'hôtellerie-restauration, la santé et le commerce.
© Domingos Oliveira

Les autres catégories de travailleurs qui se trouvent relativement plus exposées au risque de pauvreté sont les travailleurs temporaires, les employés à temps partiel, les ressortissants extra-européens et des personnes avec un niveau d'éducation moins élevé. La présence d'enfants à charge dans un ménage accroît le risque de pauvreté parmi les travailleurs.

Les minima sociaux (REVIS, salaire social minimum) ne constituent pas toujours une protection suffisante contre le risque de pauvreté, en particulier pour les ménages avec enfants. Le coût de la vie élevé aux Luxembourg, et particulièrement les dépenses liées au logement, font que les besoins des ménages ne sont pas toujours entièrement couverts.

© Luc Rollmann / RTL

Pouvoir d'achat en hausse, risque de pauvreté en (légère) baisse

Selon les prévisions du STATEC, le niveau de vie moyen des résidents au Luxembourg augmente de 7.7% pour passer de quelque 3.745 EUR en 2021 à 4.032 EUR/personne en 2022. Cette augmentation dépasse l’inflation annuelle (6.3%). L’explication de cette progression réside dans l’indexation d’avril 2022 et des mesures prises par la Tripartite (crédit d’impôts et les aides octroyées en réponse à la hausse des dépenses énergétiques, notamment la hausse de l’allocation de vie chère et les primes liées à l’énergie), ainsi que des hausses de salaires dues au marché du travail tendu.

Le taux de pauvreté est en légère baisse par rapport à l’année précédente en passant de 18.1% à 17.4% en 2022 ! L’indicateur subjectif "avoir du mal à joindre les deux bouts", va dans la même direction, il recule également.

Les charges relatives au logement sont trop importantes

En 2022, près de 9 ménages sur 10 ont déclaré que leur charge relative au logement était soit importante, soit moyennement importante. Cette situation touche presque tous les types de ménages, y compris 82% des ménages les plus aisés et 91% des ménages les plus défavorisés. Pour les ménages du premier quartile de revenu, la charge du logement, mesurée à partir des données monétaires observées, est particulièrement préoccupante, représentant 57.9% de leur revenu disponible.

Or, les ménages ne peuvent pas utiliser le revenu théoriquement disponible: certaines dépenses obligatoires comme le loyer, les remboursements d’emprunt, les assurances, etc. sont inévitables. Les ménages les moins aisés voient plus de 60% de leur revenu disponible absorbé par ces dépenses, tandis que cette proportion diminue à 20% pour les ménages les plus aisés.

En 2022, le "reste à vivre" pour la consommation, calculé en soustrayant les dépenses inévitables du revenu disponible, s'élevait en moyenne à 4.624 EUR par mois et par ménage et seulement à 1.121 EUR/mois pour les 10% des ménages les plus modestes. En tenant compte de ce revenu véritablement disponible, le taux de risque de pauvreté grimpe en moyenne à 21%.

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