LuxembourgPas de risque d'éclatement de la bulle immobilière "pour le moment"

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Le directeur général de la CSSF, la Commission de surveillance du secteur financier, était jeudi l'invité de la rédaction de RTL. Il a notamment été question de la hausse des taux d'intérêt et de son impact sur les crédits immobiliers.

Alors que les taux d’intérêt ont augmenté de 0 à 4,5% en un an, l’accès au crédit est devenu beaucoup plus difficile. Les ménages qui ont un emprunt à taux variable, ont vu leurs mensualités grimper en flèche. Malgré tout cela, le risque d’éclatement de la bulle immobilière n’a pas augmenté. “Pas encore pour le moment, non”, a déclaré jeudi sur RTL Claude Marx. Le directeur général de la CSSF, la Commission de surveillance du secteur financier, a affirmé qu'1,4% de l’ensemble des crédits immobiliers sont “instables”. L’an dernier, il s’agissait encore de 1%. En ce qui concerne les crédits-relais, 5% sont “difficiles”. Claude Marx a toutefois souligné que l’ensemble des crédits-relais représentent 60 millions d’euros. Si vous prenez l’intégralité des crédits immobiliers, le montant atteint les 48 milliards d’euros.

Les crédits-relais sont contractés lorsque des ménages achètent un nouveau logement, mais vendent en même temps leur ancien logement. Un article du site d’information reporter.lu publié en août faisait état de centaines de ménages dont les mensualités ont triplé, voire quadruplé. Claude Marx a déclaré savoir que pour beaucoup de gens une telle augmentation des mensualités était “insurmontable”. Mais en principe, avec de tels prêts, il faut être conscient du risque et “garder à l’esprit”, qu’il faut rembourser deux crédits en même temps.

Ni l’État, ni la politique, ni les banques elles-mêmes ne peuvent rien changer aux taux d’intérêt, a ajouté Claude Marx. Le taux d’intérêt directeur est fixé par la Banque centrale européenne et les banques doivent également disposer de marges de risque. Selon le directeur général de la CSSF, les banques accordent néanmoins des faveurs à leurs clients, notamment en prolongeant leurs prêts. Claude Marx ne pense pas non plus que les clients ont été mal conseillés avant la hausse des taux d’intérêt quand il leur a été proposé un taux variable. Il en veut pour preuve qu’actuellement, 60% des crédits sont à taux fixe.

A l’allégation selon laquelle les autorités auraient imposé aux banques d’exiger l’apport de davantage de capitaux propres pour obtenir un prêt, Claude Marx a d’abord rappelé qu’il n’est toujours pas nécessaire de le faire pour un premier logement. Il a également rappelé que par le passé, les clients devaient mettre sur la table un tiers de capitaux propres. Selon lui, les problèmes pour obtenir un prêt immobilier ne sont pas dus à cela ni uniquement aux taux d’intérêt, mais surtout au fait que les prix des maisons sont devenus beaucoup plus chers.

Evaluation du Gafi

En matière de lutte contre le blanchiment d’argent, contrairement à 2010, le Luxembourg est en grande partie en conformité avec les règles, mais il subsiste un manque au niveau des moyens d’investigation. C’est ainsi que peut être résumé brièvement le dernier rapport d’évaluation du Gafi, qui sera publié la semaine prochaine. Claude Marx confirme que le Luxembourg obtient une note plutôt positive pour ce qui concerne le cadre légal. Le rapport du Groupe d’experts du Conseil de l’Europe énumère cependant aussi quelques possibilités d’améliorations, selon le directeur général du CSSF. Selon lui, les membres de la police, de la Cellule de renseignement financier du Parquet ou encore les juges d’instruction sont “très motivés”, mais on pourrait encore “augmenter les effectifs”.

La CSSF est-elle trop sévère?

A la critique entendue à l’occasion sur la place financière que la CSSF serait parfois trop sévère ou parfois trop lente, Claude Marx a répondu: “Nous avons tout intérêt à faire un travail sérieux”. Les grands établissements recherchent une place financière sérieusement contrôlée. D’après lui, les contrôles ne seraient pas la raison qui amène certains fonds à préférer aller en Irlande.

Il y a effectivement des centres de concurrence comme l’Irlande. Mais pourquoi les ETS (Exchange Traded Funds) vont-ils là-bas? Parce que l’Irlande a dans ce domaine un traité de non-double imposition avec les Etats-Unis plus favorable. Dans le domaine des fonds alternatifs, le Luxembourg reste “attrayant”, selon Claude Marx.

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