
Il y a un mois que les cafés et restaurants sont fermés, un mois que les élèves ne vont plus à l'école, un mois que les chantiers sont fermés, que les magasins ont baissé le rideau, que la population est confinée chez elle.
"C'est une situation que le pays n'a pas connue depuis la Deuxième guerre mondiale. Nous avons dû réagir vite et notre vie quotidienne en a été perturbée", a commencé Xavier Bettel.
Le Premier ministre s'est félicité que le pays "a réussi à mettre le virus sous-contrôle et que notre système de santé arrive à en maîtriser les conséquences".
Le nombre d'hospitalisations allant vers la baisse et le nombre de nouvelles infections étant stable, "nous arrivons dans une nouvelle phase et nous pouvons annoncer de nouvelles mesures."
C'est donc "tout doucement, pas à pas que nous allons pouvoir relancer les différents secteurs" a annoncé le Premier ministre en insistant sur la prudence et la discipline que chacun doit maintenir.
Le premier secteur à pouvoir reprendre son activité sera celui de la construction. Les chantiers vont rouvrir pour la construction, la rénovation et les réparations. "Dans d'autres pays, les chantiers n'ont pas été fermés."

Les jardiniers, pépiniéristes qui travaillent dehors pourront reprendre également le travail.
Enfin, les magasins de bricolage et les centre de recyclage vont également rouvrir leurs portes.
Cela dit, les gestes barrières et la distanciation doivent cependant être maintenues dans tous ces secteurs.
À partir du 20 avril et pour tous les lieux où la distanciation sociale de 2m ne peut pas être maintenue, notamment dans les commerces ou les marchés, le port du masque sera obligatoire, contrôlé et son absence sanctionnée.
Xavier Bettel a utilisé le terme de protection buccale pour ne pas se montrer restrictif quant au mot de masque, "une écharpe ou un foulard peut convenir".
À partir de ce jeudi, le ministère de l'Intérieur va distribuer des masques à tous les citoyens, par l'intermédiaire des communes. Six à sept millions de masques sont en stock.

Les frontaliers qui viennent travailler recevront également des masques.
Comme nous l'annoncions ce matin, les écoles luxembourgeoises reprendront en plusieurs étapes. Les élèves de Première et 13e qui présentent un examen de fin d'étude seront les premiers à rentrer, le 4 mai.
Ceux des BTS et de l'université reprendront les travaux pratiques à cette date également.

Reprise le 11 mai pour le reste des lycéens, avec une alternance d'une semaine sur l'autre pour des moitiés de classes. Le 25 mai, ce sera la reprise de l'école fondamentale (primaire), des crèches et des maisons relais.
Il n'est pas à exclure que les masques soient imposés dans les transports scolaires, voire dans les classes si la distance de 2m ne peut pas être maintenue. Le ministre de l'Éducation nationale donnera des détails demain jeudi.
La première phase de déconfinement est prévue pour trois semaines, soit jusqu'au 11 mai. "Un monitoring permanent est réalisé pour être sûr que le nombre d'infections ne remonte pas."

L'analyse des effets du déconfinement donnera des réponses pour la suite: les commerces "non-essentiels", les restaurants et les cafés ne pourront pas ouvrir avant le 11 mai de toute façon. "Être impatient ne sert à rien et peut s'avérer dangereux", estime le Premier ministre qui sait "à quel point la situation est difficile pour ces secteurs" et qui promets de nouvelles mesures d'aides.
Tous les grands rassemblements, festivals de musique, rencontres sportives, événement rassemblant plusieurs centaines de personne sont interdits jusqu'au 31 juillet.
Cela vaut évidemment pour les festivités de la fête nationale des 22 et 23 juin. En revanche les choses ne sont pas décidées pour la Schouberfuer qui se tient fin août.

Les obsèques et mariages civils qui seront autorisés pour un nombre maximal de 20 personnes et à condition de respecter une distance interpersonnelle de 2 mètres.
Xavier Bettel a insisté autant que faire se peut. Ce déconfinement progressif ne veut pas dire qu'on doit organiser des fêtes, se voir entre amis ou entre voisins. Les gestes barrière et les distances doivent toujours être maintenus et les déplacements limités au strict nécessaire.
"Cette prudence et cette discipline sont indispensables pour éviter une deuxième phase qui serait plus dure que la première."