
Le souvenir de la crise sanitaire est encore vif, et avec lui, les questions sur les moyens alloués aux hôpitaux. Comme le résume la Dr Françoise Berthet, présidente de l’Observatoire national de la santé, "Au cours des dernières années, la croissance démographique de la population résidente et l’augmentation du recours aux soins hospitaliers pour les assurés non-résidents ont exercé une pression croissante sur le secteur hospitalier."
Le ministère de la Santé vient donc de publier une "carte sanitaire", qui selon la ministre Martine Deprez, "témoigne de notre engagement envers une gestion efficace et transparente du secteur hospitalier, ainsi que de notre volonté de renforcer les établissements hospitaliers luxembourgeois dans leur rôle de prise en charge spécialisée et multidisciplinaire". Voici ce qu'il faut en retenir.
Le Luxembourg compte en 2023, 10 hôpitaux, dont 4 centres hospitaliers répartis sur 11 sites (+1 site par rapport à 2021) et 6 établissements hospitaliers spécialisés, ainsi qu’un établissement d’accueil pour personnes en fin de vie, un établissement pour cures thermales et un centre de diagnostic.
En 2023, les capacités d’accueil au Luxembourg sont de 2 640 lits hospitaliers (-27 lits) dont 2 022 lits aigus (-20 lits aigus). Ainsi, 95,2% des lits hospitaliers autorisés en 2019 (2 772 lits) ont été installés en 2023.
Au total, le Luxembourg a un ratio de 4,0 lits hospitaliers pour 1 000 habitants en 2023 (4,2 en 2021).Concernant les lits d’hospitalisation de jour, on dénombre 573 lits installés en 2023.

Pour l’imagerie médicale, on compte 15 scanners (+2), 12 IRM (+1), 8 gammas cameras (+1), 7 mammographes et 1 PET-Scan.
Le nombre maximal de lits planifiés et autorisés passe à 3.153 à compter du 1er janvier 2024. À compter du 1er janvier 2024, 2 786 lits hospitaliers ont été autorisés, comprenant 2 124 lits aigus, 575 lits de moyen séjour, et 87 lits de soins de longue durée. Concernant les lits d’hospitalisation de jour, un total de 743 lits a été autorisé.
En 2021, pour les centres hospitaliers on dénombre 139.352 séjours (dont 51,9% en hospitalisation stationnaire et 48,1% en hospitalisation de jour), d’une durée moyenne de 7,3 jours soit 593.528 journées d’hospitalisation correspondant à un taux d’occupation de 71,2%.
Le virage ambulatoire continue à se développer." L’hospitalisation de jour a montré une croissance importante au cours des 10 dernières années (+4,9% par an entre 2012 et 2021), tant pour l’activité médicale que pour l’activité chirurgicale. Les séances de chimiothérapie et de dialyse ont progressé respectivement de +2,9% et +3,1% par an en moyenne entre 2012 et 2021, et l’activité chirurgicale ambulatoire pour les actes traceurs est passée de 58,9% en 2017 à 74,7% en 2021)."
"Les journées d’hospitalisation ont légèrement diminué. Sur la même période le nombre de séjours hospitaliers a crû ; en d’autres termes, les hospitalisations sont plus nombreuses mais d’une durée plus courte" explique le ministère.
L’occupation des lits: entre 2017 et 2021, le taux annuel d’occupation des lits aigus a varié entre 67,9% et 78,1%.
En 2021, les non-résidents représentent 8,8% du total des séjours hospitaliers et, en 2022, 17,3% des accouchements en maternité. Le recours des non-résidents aux activités médico-techniques est également notable en matière d’imagerie médicale (IRM et PET-Scan inclus), de fécondation in vitro, et de soins urgents et non programmés dans les services d’urgence et les policliniques.