Secteur de la communication"On travaille beaucoup pour pas grand chose", d'après André Hesse

RTL Infos
La crise dans le monde de la communication est bien réelle, mais elle est souvent oubliée, comme l'indique André Hesse, président de MarkCom, le regroupement des agences de conseil dans le marketing et la communication.
La communication et le design souffrent au Luxembourg
La crise dans le monde de la communication est bien réelle, mais elle est souvent oubliée, comme l'indique André Hesse, président de MarkCom.

Il regrette notamment la situation problématique des appels d'offres auxquels participent trop d'entreprises et pour lesquels le travail accompli n'est pas rémunéré.

Il explique qu'en moyenne, 70.000 euros sont ainsi perdus chaque année par les agences, selon une enquête effectuée en interne. "On n'est même pas sûr de décrocher un contrat à la fin, et dans le meilleur des cas, ils sont conclus à court terme", déplore André Hesse.

Au lieu d'avoir entre 10 et 15 agences, ou même parfois plus, qui participent à ces appels d'offres, la réglementation en place devrait être adaptée. MarkCom et Design Luxembourg demandent dès lors une meilleure sensibilisation des ministères et des clients, tout en limitant les participations à 2-3 agences avec la garantie d'un contrat à la fin du concours qui pourrait être rémunéré. "On voudrait également un meilleur soutien des fédérations et des institutions, comme la Chambre de commerce, la Chambre des métiers ou l'Union des entreprises. Le ministère des Classes moyennes pourrait également développer une charte qui serait présentée aux potentiels clients" détaille l'invité de RTL.

Plus de 200 faillites depuis 2019

MarkCom et Design Luxembourg comptent une centaine de membres qui emploient environ 700 collaborateurs. Les chiffres du Statec montrent qu'un changement de paradigme est nécessaire dans le secteur puisque ce dernier a subi un peu plus de 200 faillites depuis 2019. "Les perspectives pour 2024 sont assez tristes, et si rien ne se passe, on peut redouter le pire", souligne André Hesse.

"Nous travaillons beaucoup pour gagner le minimum", a également déclaré le président de MarkCom qui souligne que le travail ne manque pas mais que les marges sont limitées.

Il regrette également que de nombreux ministères choisissent des sociétés étrangères, ce que les acteurs luxembourgeois ont du mal à comprendre. "Le fait de travailler avec une agence basée à Paris ou à Londres peut paraître plus sexy mais nos collaborateurs sont tout aussi bourrés de talent et ils connaissent mieux la culture et le pays que des agences étrangères", conclut l'invité de RTL.

Back to Top
CIM LOGO