
"On a pratiquement une intrusion par mois, que ce soit des tentatives ou des intrusions réussies" nous explique un résident de Bonnevoie. Il préfère rester anonyme, mais précise que son immeuble se trouve près des Rotondes.
Il nous a envoyé des photos des portes du local à vélo et des caves, forcés dans la nuit du 15 au 16 décembre "avec un tournevis, selon le serrurier". Le pire, c'est qu'il ne sait toujours pas s'il a été cambriolé: "La porte a été forcée, mais je ne sais pas s'ils ont pu me voler des choses, car maintenant la porte est bloquée et on ne peut plus l'ouvrir".

Pourtant, sa résidence est toute neuve! "J'habite dans un bâtiment moderne. Il n'y a pas de concierge car l'immeuble est trop petit, mais il y a quand même un sas d'entrée." Ce sas est ouvert en journée et ferme automatiquement en soirée, vers 20h. "Ensuite, il y a une deuxième porte qui est toujours fermée", et que seuls les résidents peuvent décider d'ouvrir. Mais visiblement, cela ne suffit pas...
Nous avons contacté la police Grand-Ducale sur ce sujet: "Nous confirmons que des cambriolages, qui auraient eu lieu dans la nuit du 15 au 16 décembre dans des caves de résidence à Bonnevoie, ont été rapportés à la Police. Des cambriolages dans des caves communes ou des garages communs de résidences sont malheureusement courants à l'heure actuelle. Nous avons en effet constaté une hausse de ce type d’incidents en automne" nous écrit-elle.
Une hausse qui exaspère le résident. Il cite, pêle-mêle, un SDF qui est entré dans l'immeuble, provoquant un conflit avec des ouvriers; un local qui a été forcé il y a trois semaines, "dans lequel on a retrouvé dedans de l'aluminium utilisé pour se droguer", ou encore un voisin dont on a cassé la vitre de sa voiture stationnée dehors... "Un employé technique de la résidence m'a dit qu'on n'était pas la première cave forcée, et que cela été arrivé dans un autre immeuble pas très loin d'ici".
"Il n'y a pas longtemps, j''ai travaillé jusqu'à tard dans la nuit, et vers 2h ou 3h du matin. Je suis à peu près persuadé d'avoir entendu des bruits bizarres de porte dans le hall. Mais je ne voulais pas appeler la police sans en être sûr, et le problème c'est qu'il faut aller voir dans ces cas-là. Et on ne sait jamais sur qui on peut tomber!" Il en a discuté avec les autres résidents: "Il y a un voisin dont la femme ne se sent plus en sécurité, elle ne descend plus dans le local pour faire le linge le soir, elle a trop peur".
Reste une question centrale: qui sont les responsables de ces dégradations? D'autres résidents de Bonnevoie, interrogés en avril dernier par RTL 5 Minutes, avaient évoqués deux pistes: la délinquance venue d'ailleurs, en particulier du quartier gare, mais aussi les toxicomanes et SDF qui gravitent autour de l'Abrigado. À ce sujet, nous avons interviewé le directeur de ce centre situé route de Thionville, qui rappelle que la réalité n'est pas si simple (un article à lire demain sur RTL 5 Minutes).

Notre témoin, en tout cas, pousse un coup de gueule: "Vu le prix de l'immobilier au Luxembourg, et vu tout ce qu'on paie pour avoir une cave, un local à vélo, c'est frustrant qu'on soit incapable d'empêcher les gens d'entrer. Maintenant, on nous demande même d'enlever nos affaires de la cave, pour limiter les risques de se faire voler!"
Il y a peu, il a répondu à un sondage de l'Inspection générale de la police sur son sentiment de sécurité. Autant dire que sa réponse était salée! Un sujet d'autant plus sensible qu'il y a actuellement une polémique sur les agents de sécurité privés déployés dans la capitale. "C'est malheureux, mais est-ce qu'il va falloir en arriver là pour être tranquille? Est-ce que chacun va devoir faire sa propre police pour être en sécurité?"
Sur son site internet, la Police Grand-Ducale constate une "forte hausse" du nombre des cambriolages dans les caves et garages communs au Luxembourg. Elle fait donc les recommandations suivantes: