Laboratoire national de santé"Nous avons apporté des améliorations, car nous n’étions pas très bons"

Carine Lemmer
adapté pour RTL Infos
"L'objectif" est en fait d'apporter du calme et de la stabilité, a déclaré Thomas Dentzer mercredi matin sur RTL. Depuis mai, il assure la direction du LNS, le Laboratoire national de santé, à Dudelange, où plusieurs changements de personnel sont intervenus ces dernières années.
© Domingos Oliveira

Selon son nouveau directeur, le Laboratoire national de santé, avec ses 430 collaborateurs, est "un animal difficile à gérer".

Des critiques avaient notamment été formulées par le passé en raison de délais d’attente parfois très longs pour les diagnostics de cancer. Le laboratoire était submergé par les échantillons de prélèvements à analyser. Il n’arrivait plus à suivre le rythme et n'avait pas réussi à mettre en place une structure et une capacité de production adaptées, a expliqué le directeur du LNS. Une bonne organisation est indispensable et, selon lui, "c’est un peu ce qui a manqué chez nous". Il a également souligné que ces analyses sont bien plus complexes qu’une simple analyse de sang, qui peut être traitée en quelques heures. "Depuis maintenant deux ans, nous avons mis en place un programme visant à restructurer le département pathologie et à l’améliorer. Dans ce cadre, nous avons vraiment apporté des améliorations, car nous n’étions pas très bons en ce domaine."

© Laurent ANTONELLI

Alors qu’auparavant les délais moyens étaient de 18 à 19 jours, ils sont aujourd’hui d’environ sept jours. Le mois dernier, ils étaient passés sous la barre des dix jours. "Ce n’est pas mauvais du tout, mais il y a bien sûr des spécialisations où les délais restent plus longs, comme en dermatopathologie ou en pathologie gastro-intestinale, où nous recevons un très grand nombre d’échantillons et où nous n’étions tout simplement pas suffisamment organisés en interne pour disposer d’assez de spécialistes capables de les analyser." Les mesures mises en place ont toutefois permis de raccourcir là aussi les délais : "En dermatopathologie, les délais pouvaient atteindre jusqu’à 25 jours. Nous les avons désormais ramenés à 14 jours. L’objectif est de passer sous la barre des dix jours d’ici la rentrée, c’est-à-dire d’ici fin septembre."

Le laboratoire doit également encore résorber des retards accumulés lorsqu’il fonctionnait plus lentement.

Le monopole en génétique et en pathologie sera-t-il maintenu ?

Le LNS dispose actuellement d’une situation de monopole au Luxembourg dans les domaines de la génétique et de la pathologie (c’est-à-dire l’analyse de tous les échantillons prélevés). Les responsables politiques ont déjà laissé entendre que ce monopole pourrait être remis en question.

Selon Thomas Dentzer, le fait de centraliser toutes les données en un seul endroit permet aujourd’hui d’avoir une vue d’ensemble de la population luxembourgeoise, ce qui est important en matière de santé publique. Il souligne que si le laboratoire traite moins de cas, il risque progressivement de perdre son expertise. Si le monopole venait à disparaître et que des laboratoires privés, y compris à l’étranger, pouvaient également réaliser des diagnostics de cancer, il faudrait alors repenser et réorganiser le fonctionnement du LNS.

Thomas Dentzer souligne encore que faire réaliser ces analyses par des laboratoires privés aura aussi un coût et que le recours à des laboratoires étrangers remettrait en cause la résilience du Grand-Duché. "En période de crise, on constate que chaque pays pense avant tout à lui-même. Et si ces pays ferment leurs frontières et n’acceptent plus d’analyser nos tumeurs, nous aurons l'air malin." D’après le directeur du LNS, le véritable problème serait de perdre l’ensemble de cette activité. La question est donc de savoir de quelle manière le monopole pourrait être levé, sans compromettre l’expertise et les missions du laboratoire national.

Médecine légale : 150 autopsies par an

Le Laboratoire national de santé assure également les missions de médecine légale et est donc responsable des autopsies réalisées au Luxembourg. Quatre médecins légistes y exercent cette activité. Cette année, environ 150 autopsies ont été effectuées, presque toujours à la demande de la justice, et désormais aussi avec l’aide d’un nouveau scanner.

"Nous voulons également être innovants dans ce domaine et simplifier certaines procédures. Aujourd’hui, grâce à ce scanner, nous pouvons le faire. Autrefois, seules certains corps étaient scannés, mais c'était contraignant : il fallait les transporter à l'hôpital, la présence d’un spécialiste était nécessaire, et tout cela était coûteux et exigeant. Désormais, ce scanner nous permet de faire passer systématiquement chaque dépouille dont nous avons la charge dans l’appareil et de vérifier, par exemple, s’il existe un orifice d’entrée de balle ou si l’on trouve un objet métallique dans le corps qui aurait pu passer inaperçu autrement."

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