Croix-Rouge luxembourgeoise"Nous avons besoin de davantage d’infrastructures permettant de prendre les sans-abris en charge"

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
Lundi matin, Michel Simonis, directeur général de la Croix-Rouge luxembourgeoise était l'invité de la rédaction de RTL. Il a été question du manque de structures d'accueil pour sans-abris au Luxembourg, mais aussi des nouvelles règles relatives au don de sang.
© Andy Brücker

Plus de 50.000 personnes ont eu recours aux services de la Croix-Rouge l’an dernier. Dans ce pays riche qu'est le Luxembourg, certaines personnes vivent très bien tandis que d’autres sont dans une situation beaucoup plus difficile, a souligné lundi matin sur RTL le directeur général de la Croix-Rouge, Michel Simonis. Selon lui, il faudrait avant tout davantage de structures d’accueil faciles d’accès pour venir en aide aux personnes vivant dans la rue.

"Au Luxembourg, le coût du logement est élevé et, de manière générale, le coût de la vie est très élevé. Il est donc très difficile pour les personnes disposant de faibles revenus de s’en sortir. Il faut leur apporter un soutien afin d’éviter une fracture au sein de la société. C’est quelque chose d’extrêmement important", souligne Michel Simonis.
Ces derniers temps, on constate également que de plus en plus de jeunes se retrouvent à la rue. Ainsi, plus de 100 adolescents et jeunes adultes figurent sur la liste d’attente d’une structure située à Oberglabach, ouverte l’an dernier seulement. Le directeur général de la Croix-Rouge qualifie ce constat de "terrible". "Ces jeunes se trouvent dans des situations où ils ne peuvent tout simplement plus rester chez eux. [...] Ils pourraient, en théorie, vivre chez leurs parents. Mais cela n’est plus possible, parce que leur famille s’est parfois désintégrée, parce qu’il peut y avoir des conflits à domicile, ou parce qu’ils ne veulent plus ou ne peuvent plus rentrer chez eux en raison de violences familiales. Les situations sont donc extrêmement diverses. L’Office national de l’enfance prend alors ces jeunes en charge et cherche une solution adaptée." Face à cete situation, la Croix-Rouge va poursuivres ses investissements dans les logements destinés à la jeunesse.

Quel que soit leur âge, les températures élevées attendues à nouveau cette semaine, représentent un danger pour les personnes sans domicile fixe. Michel Simonis, qui quittera ses fonctions de directeur général de la Croix-Rouge le 1er août, plaide toutefois moins pour une action estivale ponctuelle sur le modèle de l'Action hiver que pour davantage de locaux.

"Nous avons besoin de davantage d’infrastructures permettant de prendre les sans-abris en charge, à un niveau relativement simple, sans qu’il doive s'agir de structures de luxe. Car c'est une précarité qui est véritablement dramatique et l’état de santé des personnes concernées ne fait que se dégrader à cause de leur situation dans la rue. En période de canicule, elles ne peuvent souvent pas se protéger elles-mêmes, et nous n'avons pas suffisamment de structures durables pour les accueillir."

Actuellement, on a plutôt recours à des structures temporaires, des structures  pop-up, mais qui ne sont souvent pas dans le meilleur état. Un effort commun de l’État, des communes et des acteurs du secteur social serait nécessaire.

Par ailleurs, une modification des critères de don du sang est actuellement en cours d’examen. À l’avenir, il ne devrait plus y avoir de règles spécifiques pour les hommes homosexuels. Selon Michel Simonis, cette évolution soulève toutefois plus une question juridique qu’elle ne résout un problème concret.

"Je ne m’attends pas à ce que cela nous permette de disposer de beaucoup plus de produits sanguins. En revanche, je pense qu’il est important que, si c’est un choix de société du gouvernement – un choix sur lequel le gouvernement revient aujourd’hui à travers une proposition de loi déposée par Madame Lenert –, on clarifie également qui assume le risque lié au sang. Car au Luxembourg, contrairement aux pays voisins, cette question n’est pas réglée. Dans tous les pays voisins, c’est l’État qui assume le risque en cas d’aléa pouvant survenir lors d’une transfusion sanguine. Au Luxembourg, c’est en principe la Croix-Rouge qui est responsable. C’est un point que nous critiquons et sur lequel nous estimons qu’un travail législatif est nécessaire."

Aujourd’hui, quelque 15.000 donneurs de sang sont enregistrés, et ils restent indispensables. En effet, même si les besoins globaux en sang diminuent, les hôpitaux pratiquant moins d'opérations chirurgicales invasives, les donneurs doivent observer des périodes d’exclusion plus fréquentes, notamment parce qu’ils voyagent plus qu’auparavant.

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