Le paradoxe des alertes"Ne pas créer trop de panique, mais alerter quand même", selon un météorologue

Monica Camposeo
Il y a 175 ans, un professeur de l'Athénée a commencé à observer la météo au Luxembourg. Il notait systématiquement la pression atmosphérique et la température.

Depuis, de nombreux progrès ont été réalisés, passant de la pure observation aux prévisions. Mais les services météorologiques ne sont pas toujours d’accord sur la durée d'ensoleillement ni sur la quantité de pluie qui tombera. Lorsqu'il s'agit d'alertes, la question se pose : qu'est-ce qui est approprié et que faire en cas de fausse alerte? Les services météorologiques ont fait de gros progrès. Il est possible aujourd'hui d'alerter à l'avance de l'aggravation des conditions météorologiques. On ne peut pas dire que les alertes sont plus fréquentes, estime Luca Mathias, météorologue auprès de MeteoLux, le service de météorologie nationale du Luxembourg. Elles sont tout simplement différentes.

Il est difficile de dire après coup que c'était une fausse alerte. "Cela dépend toujours de ce qui a motivé l’alerte, voire la décision de ne pas alerter." Pour qu’une alerte soit déclenchée, il faut un impact plus vaste. Cela n’aurait aucun sens de mettre en garde un pays tout entier si, par exemple, quelque chose se produit seulement au niveau local. "Peser le pour et le contre, pour ne pas créer trop de panique, mais quand même ne pas alerter trop peu, tel est le paradoxe des alertes." Il convient donc de trouver le juste équilibre dans l'estimation, selon Luca Mathias.

Des alertes distinctes de la part de différents services, cela n'a rien d'inhabituel, explique Luca Mathias. Surtout parce que différents services météorologiques utilisent et évaluent également des données différentes.

Le récent cas de l'inondation survenue dimanche soir sur l'autoroute de la Sarre a cependant soulevé la question de savoir pourquoi le service météorologique national n'avait pas alerté au préalable. D'une part, les modèles avaient sous-estimé la situation ce jour-là, selon le météorologue Luca Mathias. D'autre part, il faut aussi le dire très clairement: "Même si nous avions lancé une alerte jaune, nous n'aurions pas pu savoir exactement que ça se passerait précisément à Mondorf. Nous avons toujours cette incertitude." Particulièrement en cas d'orage, il n'est pas facile de dire des heures à l'avance, où précisément il pourra provoquer une inondation.

Si une alerte est lancée, il est bien entendu important de diffuser l’information. Cela passe aussi par la presse. "De notre point de vue, nous souhaiterions parfois que l'incertitude qui subsiste encore au niveau de l'alerte, ou des prévisions, soit également communiquée au monde extérieur." En ce sens, la météo n'est pas une science exacte. Le météorologue de MeteoLux indique aussi collaborer avec d'autres services météorologiques, par exemple ceux de pays voisins. Mais ce n'est pas le cas avec d'autres services au Luxembourg.

Même si les progrès des prévisions météo permettent déjà beaucoup de choses, les prévisions à deux jours et au-delà, ne sont pas souvent très précises.

 

Back to Top
CIM LOGO