
Mercredi, l'ASBL natur&ëmwelt a publié sa Liste rouge des oiseaux nicheurs du Luxembourg 2024, qui "révèle un nouveau déclin important de nombreuses espèces d’oiseaux autrefois courantes". La tendance vers une dégradation se poursuit. C'est aussi problématique pour les humains, car l'habitat des oiseaux est aussi représentatif de nos moyens de subsistance. A ce jour, 14 espèces d'oiseaux nicheurs ont disparu au Luxembourg, 28 sont menacées à des degrés divers et 24 sont en passe d'arriver sur la liste rouge.
"La liste rouge des oiseaux nicheurs est mise à jour chaque année en fonction de critères internationaux. La Centrale Ornithologique examine l'évolution des populations d'oiseaux au Luxembourg. Et on voit qu'au cours des cinq à dix dernières années, ces espèces qui vivent dans un paysage de cultures ouvertes, deviennent de plus en plus rares, que les populations diminuent (…) et on voit que des espèces comme les alouettes des champs connaissent un fort déclin de leur population. Mais aussi des espèces qui étaient auparavant communes, comme le moineau des champs, comme la locustelle tachetée, doivent à présent être classées dans les catégories les plus menacées de la liste rouge", explique l'ornithologue Patric Lorgé.
La coalition CVP-DP promet une protection de la nature plus "pragmatique", avec des dispositions plus simples et plus rapides pour bâtir et moins de contraintes en rapport avec la préservation de la nature pour les agriculteurs. Pour natur&ëmwelt, c'est un "exercice de funambule". L'ASBL ne cache pas son inquiétude après les annonces du gouvernement.
Après tout, il y a toujours eu des conflits d’intérêts entre la protection de la nature, la protection du climat et les règlements sur les bâtisses. Dans les villes, en raison des méthodes de construction modernes, il n'y a déjà plus assez de places de couvaison pour les moineaux, par exemple. Natur&ëmwelt souligne qu'elle est disposée à conseiller les communes, par exemple la Ville de Luxembourg, qui a récemment tenté de prendre des mesures contre les corbeaux à Merl.
Dans ce contexte, la discussion sur les éoliennes et le milan royal est également curieuse. Pour protéger cet oiseau, l'installation d'éoliennes se voit interdite sur certains emplacements. En raison des températures plus élevées dans le sud de l'Europe, l'oiseau a migré vers le nord, de sorte que la population a de nouveau augmenté en Europe centrale et en Europe du Nord. Le Milan royal figure cependant toujours sur la liste d'alerte: il est particulièrement vulnérable au changement climatique et doit être protégé. Il est donc en danger à cause des éoliennes, mais sa population bénéficiera à long terme des effets positifs des énergies renouvelables au même titre que d'autres animaux.
Dans l’ensemble, l'association constate que des projets locaux avec peu d’investissements financiers apportent de grandes améliorations. Le 23 octobre, une conférence publique sur la nouvelle Liste rouge des oiseaux nicheurs du Luxembourg sera organisée à la "Haus vun der Natur" à Kockelscheuer.
