
Pour Yves Cruchten, et à l'image de Dan Kersch lors du congrès des socialistes ce week-end, il faut taxer les "gagnants" de la pandémie afin qu'ils contribuent à la relance économique et sociale du pays. Le président de parti et député LSAP prend l'exemple du monde de la finance ou encore Amazon, qui ont enregistré des bénéfices records pendant la pandémie. Il ajoute que "lors de la crise de 2008, ce sont les banques qui ont bénéficié du soutien de l’État, maintenant il serait peut-être temps de rendre la pareille".
Après les propos du vice-Premier Dan Kersch dimanche, le président du LSAP a tenu à rassurer en expliquant que ce n'étaient pas les petits contribuables qui étaient visés. Yves Cruchten a expliqué que l'impôt sur le revenu devait être revu à la baisse et qu'en revanche, il faudrait davantage taxer les rendements sur capitaux: "il en est de même concernant les taux d'imposition des gros salaires, je me rappelle qu'ils étaient bien plus élevés à l'époque".
Les augmentations d'impôts sont actuellement proscrites par le DP, partenaire de coalition du LSAP, et utilisées "en dernier recours". Selon Gilles Baum, chef de fraction libérale à la Chambre, les entreprises dont les bénéfices sont élevés paient également plus d'impôts. Yves Cruchten précise que le LSAP ne souhaite pas augmenter les impôts pendant la crise mais dès qu'une croissance économique se fait ressentir, "il faudra penser à rembourser toutes les dettes".
Cette discussion sur l'imposition des bénéfices ne se posera pas seulement au Luxembourg et tous les partis devront un jour ou l'autre se poser la question. Ce qui compte maintenant c'est de préserver l'emploi et la santé.
Après les déclarations de ce week-end, une critique est revenue sur les réseaux sociaux à destination des députés dont la moitié du salaire est exempte d'impôts et qu'ils pourraient montrer l'exemple en réformant cet avantage fiscal. Yves Cruchten répond à cette critique que, depuis qu'il est député, il se bat contre cet ancien régime spécial: "les politiciens devraient payer plus d'impôts, ce n'est pas un tabou. Je préférerais être honnête avec les citoyens en leur disant clairement ce qu'un député gagne et combien d'impôts il paie".
L'ancien président du CSV avait également plaidé en 2020 pour une augmentation de l'impôt sur la fortune mais cet avis lui avait coûté bon nombre de critiques de la part de ses propres collègues de parti avant de devoir abandonner son poste de président. Alors que Dan Kersch avait encore déclaré avoir de la sympathie pour Frank Engel, il ne s'agissait clairement pas d'une invitation à rejoindre les socialistes. Yves Cruchten précise que les deux hommes s'accordent sur certains sujets mais que la patrie politique de l'ex-président chrétien-social n'était certainement pas au LSAP.