
Alors que le Statec a publié hier son rapport sur le PIBien-être 2023, son directeur, Serge Allegrezza, était l'invité de la rédaction de RTL jeudi matin.
"Il ne suffit pas qu'il y ait croissance. Il faut aussi qu'il y ait une croissance de la qualité de vie", selon le directeur du Statec. Serge Allegrezza a expliqué que "le PIB et le PIBien-être sont très complémentaires et liés l'un à l'autre." "Le PIB génère des revenus et ceux-ci augmentent notre bien-être." Mais il faudra voir à l’avenir comment ce PIBien-être peut être utilisé pour mieux élaborer notre politique. Théoriquement, il faudrait veiller à ce que chaque trimestre, en plus du PIB, le PIBien-être soit également mesuré, afin de disposer de toutes les dimensions de la qualité de vie. Cela se fait déjà dans d'autres pays. La question est de savoir jusqu'où nous voulons aller et combien nous voulons investir là-dedans, car nous aurons alors besoin plus régulièrement de données plus précises, a souligné Serge Allegrezza.
Le PIBien-être se compose de 21 indicateurs, parmi lesquels le revenu, les inégalités, la pauvreté, l'emploi, le prix du logement, l'espérance de vie, l'éducation, mais l'environnement joue aussi un grand rôle. Là, le niveau de pollution sonore et de pollution en général est examiné. "La sécurité physique est également un facteur important" du bien-être pour les particuliers. "Si de nombreuses infractions et des actes de vandalisme sont commis dans un quartier, cela aura un effet sur le bien-être de ses habitants", a indiqué le directeur du Statec.
Depuis que le PIBien-être est mesuré, on peut constater que "le bien-être a augmenté au Luxembourg jusqu'en 2021.Ensuite, il a reculé, parce que d'une part, le coût des logements a augmenté et d'autre part la sécurité physique de la population a diminué, suite à l'augmentation des infractions signalées à la police."
En outre, "depuis la pandémie, le bien-être subjectif des résidents est également mesuré." Là, on a pu constater que "pendant la pandémie et aussi ensuite, avec la guerre en Ukraine en 2021 et 2022, les gens étaient plus anxieux et se sentaient plus seuls." Mais cette tendance est en recul en 2023.
Le classement du World Happiness Report 2024, publié également mercredi, indique aussi que le principal facteur de bien-être est d'abord le revenu, ensuite le fait d'avoir un emploi, d'être en couple ou d'avoir une famille, les relations avec les amis, les voisins et la famille sont importants. De manière très générale, il ressort de ce rapport que les hommes sont plus heureux que les femmes et que "les personnes très jeunes ou âgées sont plus heureuses que celles qui sont en milieu de vie. Les personnes dans cette catégorie d'âge, sont plus stressées et le résultat est le même partout dans le monde", selon Serge Allegrezza.