
Comment maintenir vivant notre patrimoine culturel ? La Commission luxembourgeoise pour l’UNESCO répond à cette question dans son ouvrage “Mémoires Futures/Zukünftige Erinnerungen”, fruit de plus de deux ans de travail. Ce livre rassemble des voix issues de domaines variés, entre réflexions théoriques et projets concrets.
La journaliste de RTL Monique Cater a choisi deux exemples marquants qui vont bien au-delà de la théorie et des souvenirs.
A commencer par la construction durable inspirée de méthodes ancestrales. À Blaschette et Colmar-Berg, on redécouvre l’art de bâtir avec des matériaux simples : bois, argile, paille. “C’est une construction simple. Selon le modèle de l’économie circulaire”, explique Marc Neu, expert en construction durable. Une approche naturelle, saine et écologique qui s’inscrit dans la modernité.
“Aujourd’hui, nous essayons de rendre les maisons toujours plus écologiques, toujours plus locales, toujours plus régionales. L’économie circulaire est un thème que nous mettons souvent en avant, mais nous oublions que nous pouvons le faire avec des matériaux très simples. Nous avons une structure en bois, ici on voit différents poteaux en bois qui portent la statique de la maison, c’est le squelette, pour ainsi dire, le squelette statique. Entre les poteaux viennent des bottes de paille. Ce sont des bottes de paille telles que l’agriculteur les sort de sa petite presse. On les insère entre les poteaux, ce qui signifie que les poteaux doivent être espacés en fonction de la largeur des bottes de paille, puis on les glisse entre les poteaux. Ainsi, avec un matériau de récupération, nous obtenons une isolation extrêmement efficace”, précise encore Marc Neu.
Pendant plus de deux ans, Nora Schleich a sélectionné pour l’UNESCO les différentes voix à intégrer dans le livre “Mémoires Futures”. “Bien sûr, il y a aussi des éléments théoriques dans le livre, qui éclairent le patrimoine sous l’angle historique, sociologique et artistique”, précise la coordinatrice de l’ouvrage, en se référant notamment à Nora Wagner, qui s’est penchée sur le caractère éphémère de l’art, de la vie et de la culture. Nora Schleich évoque également les objets porteurs de mémoire exposés au Lëtzebuerg City Museum. Par exemple, les gants produits dans la fabrique du Grund et les outils qui servaient à les confectionner aux 19e et 20e siècles.
L’exposition sur l’histoire des menstruations illustre également comment des objets du quotidien racontent l’évolution des mentalités. “Ce sont des objets d’une valeur inestimable, car ils racontent une histoire. Chaque objet est intéressant lorsqu’il peut raconter une histoire. Avec ces culottes, ces sous-vêtements et ces produits menstruels, les serviettes, nous racontons comment, il y a 200, 150 ou 100 ans, les femmes géraient leurs règles et quelle était la position de la société à ce sujet”. explique Guy Thewes, directeur du Lëtzebuerg City Museum.
Le livre de l’UNESCO intitulé “Mémoires Futures/Künftige Erinnerungen” est disponible en librairie.