
L'opposition n'a pas fait dans la dentelle ce mardi. Lors du débat consacré au rapport Waringo, qui tente d'expliquer pourquoi de nombreux foyers d'infections se sont déclarés dans les structures accueillant des personnes âgées, c'est la démission de Corinne Cahen qu'elle a demandé.
Selon les quatre partis d'opposition, la ministre de la Famille serait responsable des manquements constatés dans la préparation des établissements face à l'épidémie de coronavirus.
L'opposition a déposé une motion proposant la démission de la ministre. Motion qui a été rejetée par 31 voix (celles de la majorité gouvernementale) contre 29.
Michel Wolter, du CSV: "Pour relever tous ces défis, nous avons besoin d’un ministre fort. Et nous n’avons plus cette confiance en Madame Cahen, même et particulièrement après le rapport de Monsieur Waringo. Elle n’a pas la confiance des élus et je pense qu’elle ne l’a pas non plus au sein des établissements. Et je pense que cela ressort également clairement du rapport de Monsieur Waringo. Les directions des quatre groupes parlementaires de l‘opposition se sont concertées hier et aujourd’hui, elles se sont mises d’accord sur une position commune, après que chacune ait discuté avec ses membres. Et pour mettre un terme une fois pour toutes à la construction de légendes, je veux dire que je n’étais présent à aucune de ces discussions hier et aujourd’hui. J’ai cependant reçu la charge , ils m’ont prié, au nom de ces quatre fractions, et parce que nous, en tant que CSV, sommes le premier groupe parlementaire, de déposer une motion, qui demande à Madame la ministre de prendre ses responsabilités politiques et de présenter sa démission au Grand-Duc."
Mardi après-midi devant les députés, la ministre de la Famille, Corinne Cahen a pris position sur le rapport Waringo sur la gestion de la crise sanitaire dans les établissements pour seniors.
A l'avenir un comité d'éthique sera consulté sur toutes les questions éthiques qui pourront concerner les résidents de ces structures, et plus seulement sur des questions relatives au sens de la vie, comme prévu jusqu'à présent.
L'évaluation de la qualité des structures sera uniformisée. Un médiateur sera mis en place pour ce secteur, ainsi qu'une commission permanente, qui adressera des recommandations au gouvernement.
Interviewée par RTL, la ministre libérale de la Famille, Corinne Cahen, avait déjà réagi au rapport de Jeannot Waringo sur les foyers d'infections dans les maisons de retraite et de soins.
"Certaines choses auraient évidemment pu être mieux faites, mais en général, le rapport dit que du très bon travail a été réalisé", avait déclaré Corinne Cahen lundi soir, lors de la présentation du bilan parlementaire du DP. Elle a ensuite jugé que la réaction de l'opposition était de la "politique politicienne".
A propos du constat que le ministère de la Famille n'avait publié aucune nouvelle recommandation à l'adresse des établissements pour seniors entre juin 2020 et février 2021, Corinne Cahen a précisé que les anciennes recommandations restaient valables pendant cette période. A cette époque, le ministère restait en contact avec les familles et les structures. Il serait aussi exact que certaines recommandations pour quelques structures, étaient difficiles à interpréter, a reconnu Corinne Cahen, mais cela serait dû au fait que les établissements sont tous différents. Ainsi à la maison de retraite de Niederkorn, il y a 60 chambres sans toilettes, donc comment aurions-nous pu y confiner les gens, a demandé la ministre. En outre, au début de la crise, nous ne savions pas tout du virus.
Le rapport fournirait également des pistes pour l'avenir et la ministre souhaite présenter avant l'été des amendements à la réforme de la loi ASFT, qui régule les relations entre l'Etat et les organismes œuvrant dans les domaines social, familial et thérapeutique. L'objectif de la réforme serait de miser davantage sur la qualité que sur la quantité et de toujours trouver l'équilibre entre la protection contre le virus et la défense des libertés, d'après Corinne Cahen.
"En tout, 113 clusters ont été constatés dans ces établissements, ce qui correspond à une moyenne d'1,6 cluster par structure. Le plus gros foyer de contaminations a compté 27,7 cas répartis approximativement entre deux tiers des résidents et un tiers du personnel. La durée moyenne d'un cluster était d'environ un mois", selon Joël Mossong, épidémiologiste à la Direction de la Santé.
Dans 545 des cas, c'était d'abord un pensionnaire qui avait été testé positif et dans 40%, c'était un membre du personnel.