Quartier gare à LuxembourgL'opposition ne veut plus des patrouilles privées

Thomas Toussaint
L'opposition du conseil communal de la capitale a écrit à la ministre de l'Intérieur pour faire suspendre les patrouilles d'agents de sécurité privée dans le quartier gare et en centre-ville.
© Domingos Oliveira

Dans un courrier intitulé "Protéger notre État de droit" et adressé à Taina Bofferding, ministre de l'Intérieur (LSAP), les partis qui forment l'opposition au conseil communal de Luxembourg-ville sont passés à la vitesse supérieure pour stopper les patrouilles effectuées par une société de gardiennage privée.

Les conseillers communaux Cathy Fayot (LSAP), Guy Foetz (déi Lénk) et Christa Brömmel (déi Gréng) reviennent à la charge et demandent cette fois à Taina Bofferding d'intervenir pour faire suspendre ou annuler la convention passée par Luxembourg-ville avec une société privée.

Celle-ci effectue, depuis le début du mois de décembre, des patrouilles dans le quartier Gare et au centre-ville. Selon Lydie Polfer, l'initiative du conseil échevinal a pour but de "lutter contre le sentiment d’insécurité urbaine". L'opposition y voit plutôt une action "contraire à l'ordre public" mais aussi "anticonstitutionnelle et illégale", car non prévue par la loi.

Toujours selon l'opposition, la mission de surveillance négociée par la Ville avec la société privée, est réalisée par des agents privés qui n'ont pas été formés dans ce but et n'ont pas prêté serment, contrairement aux forces de l'ordre. Les partis craignent également une mauvaise coopération entre la police et la société de gardiennage: "il est à craindre que la présence de deux forces de sécurité, l’une publique et l’autre privée ne conduise à un mélange diffus de coopération et de concurrence, minant ainsi le monopole étatique en matière d’exercice de la force publique et la confiance des citoyennes et citoyens en l’activité de la Police grand-ducale".

Enfin, le LSAP, déi Lénk et déi Gréng pointent du doigt une manœuvre politique coûteuse et qui prend la forme d'une solution temporaire pour un problème de fond: "Cela au-delà du gaspillage de fonds publics pour financer une activité qui sans contribuer à résoudre le problème fondamental, fait plutôt figure d’action de relations publiques vis-à-vis d’un électorat exaspéré à juste titre face au trafic de drogues qui prend de plus en plus d’envergure." Les patrouilles doivent durer jusque fin janvier 2021.

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