Secteur bancaire au LuxembourgL'intersyndicale monte au créneau: où reste la part du gâteau des salariés?

Diana Hoffmann
Ce vendredi, les syndicats (OGBL, LCGB, Aleba) se réuniront avec l'Association des banques et banquiers du Luxembourg (ABBL) pour négocier la convention collective. Leurs revendications: des augmentations salariales et une meilleure reconnaissance des salariés du secteur.
© Domingos Oliveira / RTL

A la veille de cette réunion, l'intersyndicale (OGBL, LCGB, Aleba) a présenté ses revendications. Le salaire de départ dans le secteur bancaire est proche du salaire social minimum, a souligné Roberto Mendolia, le président de l'Aleba.

Sylvie Reuter, de l'OGBL, a relevé que dans la convention collective, le barème du groupe A serait de 3.305,50 euros, le dernier plafond étant à 6.017 euros. L’argument selon lequel la compétitivité du Luxembourg serait menacée par des salaires plus élevés n'est pas correct. On le constate si on compare avec les conventions collectives des multinationales, qui n'ont pas nécessairement leur siège en Europe.

Ces dernières années, les banques ont réalisé des profits considérables. A présent, les syndicats réclament leur part du gâteau pour les salariés. En effet, dans le secteur bancaire, la majorité des salariés ne bénéficient pas d'une participation aux bénéfices. Les gratifications ou les primes sont distribuées de manière sélective et n'atteignent guère que 300 à 500 euros par an. "Le conte de fée du riche banquier, c'est fini", selon Sylvie Reuter.

© Domingos Oliveira / RTL

Selon une étude du Statec, le revenu médian dans le secteur bancaire se situe à 95.000 euros, mais il s'agit de statistiques très anciennes. En tout cas, cela ne correspond pas à ceux qui avaient une convention collective.

Le plafond de celle-ci n’atteindrait plus depuis longtemps le revenu annuel médian du secteur. L’écart entre ceux qui gagnent bien et ceux qui gagnent mal continue de se creuser. L'intersyndicale revendique aussi qu'en l'absence d’une augmentation via le barème, il y ait une augmentation linéaire de 2,5 %.

Le secteur a des problèmes pour garder ses salariés. Le turnover des jeunes dans les banques est énorme. Si on veut attirer les talents, comme le dit toujours le gouvernement, il faut offrir de meilleures conditions. Les syndicats réclament aussi un compte d’épargne formation. La formation ne doit pas seulement être un droit individuel, les heures doivent aller sur un compte.

Les syndicats reprochent à l'ABBL une certaine arrogance dans les négociations de la convention collective. En réunion, ils sont accusés d'être trop gloutons. Il seraient donc responsables quand surviennent des licenciements. L'Aleba, l'OGBL et le LCGB estiment que les négociations n'ont pas été menées jusqu'à présent d'une manière axée vers des solutions.

L’ABBL n'a pas souhaité commenter les déclarations des syndicats pendant les négociations en cours. En ce qui concerne la discussion sur la compétitivité des banques et leur situation financière, l'ABBL a une autre lecture que les syndicats.

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