
Plus de 4.800 personnes avaient signé la pétition demandant une extension du congé parental de 6 à 9 mois. Ce mercredi, Michèle Senninger et Anne Heintz ont défendu les mérites d'une prolongation du congé à plein temps. Un plaidoyer "bien dirigé" par les deux femmes qui ont vu une grande partie des députés présents aller dans leur sens. À noter que trois commissions différentes ainsi que les ministres de la Famille et du Travail ont assisté à cette séance plénière.
La pétitionnaire, Michèle Senninger, a mis l'accent sur les conséquences d'un retour au travail "prématuré" en soulignant les risques de dépression et de burn-out chez les parents et en particulier chez les mamans. Elle a évoqué la problématique de l'allaitement sur le lieu de travail en rappelant que "les infrastructures et les emplois du temps ne sont pas toujours adaptés" aux dispositions prévues par la loi luxembourgeoise (2x 45 minutes par jour).
La jeune femme a également déploré que certains parents, dont elle a fait partie, n'ont d'autre choix que de demander un congé sans solde après la période de congé parental prévue par la loi. "Le temps ne se récupère pas. On n'en recevra pas plus et on ne le récupèrera pas" a-t-elle conclu en faisant référence au temps que peuvent actuellement dédier les parents à leurs nouveau-nés.

Des déclarations qui n'ont pas rencontré d'opposition formelle de la part des députés qui se sont exprimés ce mercredi. Fred Keup s'est montré en faveur d'une extension du congé parental et est même allé plus loin en imaginant un système accompagnant les enfants jusqu'à l'âge de 12 ans. "Les enfants doivent être au centre de nos réflexions quand nous prenons des décisions, il faut aller beaucoup plus loin", a-t-il affirmé.
Simone Asselborn-Bintz, Marc Goergen, Francine Closener et Djuna Bernard ont abondé dans le sens de la pétitionnaire tout en soulevant des questions d'ordre plus pratique. Pour leur part, les deux ministres présents, Corinne Cahen et Georges Engel, ont émis des réserves quant à une extension du congé parental à plein temps. "Je comprends votre demande et vos arguments mais comment voulez-vous le financer?", a interrogé la ministre de la Famille.
Corinne Cahen n'a pas souhaité s'exprimer "à la place" de la ministre de la Finance mais a rappelé que le congé parental "coûtait très cher à l'Etat". Plutôt que d'allonger la durée du congé parental, la ministre a plaidé pour "plus de flexibilité". Elle a notamment proposé que l'on permette aux femmes de placer les 5 mois de congé maternité à leur convenance. "J'ai eu la chance d'être enceinte et en forme. J'aurais pu travailler jusqu'à l'accouchement. Dans ce genre de cas, on devrait laisser le choix à la mère de placer ses 5 mois de congé maternité après l'accouchement par exemple".
De son côté, le ministre du Travail a rappelé qu'il s'agissait d'un "thème très complexe" et qu'une prolongation du congé parental "n'était pas évidente". D'après Georges Engel, "le gros des patrons" est satisfait du système mis en place en 2016. Quant aux comparaisons avec les systèmes qui accordent un congé parental plus long, il a tenu à rappeler que c'était "souvent sans rémunération". La ministre de la Famille s'est empressée d'ajouter que le Luxembourg était bien placé en termes de rémunération.
Anne Heintz, signataire de la pétition qui s'est présentée aux côtés de Michelle Senninger, a répondu aux représentants du gouvernement en affirmant "qu'un investissement dans la famille était toujours un bon investissement".
La conclusion des débats a eu lieu à huis clos. En ce qui concerne d'éventuels changements, les ministres ont d'ores et déjà prévenu qu'ils attendront les résultats de l'étude du Liser sur la réforme du congé parental avant de prendre des décisions. Il y a cependant fort à parier que l'idée sera reprise dans certains programmes électoraux l'année prochaine.