
Apparue discrètement début décembre sur la grille d'une maison bourgeoise de la rue Louis Pasteur (l'homme qui a inventé le vaccin... contre la rage), la petite boîte aux lettres rouge vient de "s'évaporer" mais a tenu toutes ses promesses. Pour ceux qui l'avaient remarqué mais aussi pour les deux apprentis Père Noël, Steven Marques et Steve Freis, à l'initiative de l'aventure épistolaire en pleine crise sanitaire du coronavirus.
Aucune missive, n'est restée lettre morte. Et pour cause, "si nous avions été à la place des enfants qui ont écrit au Père Noël nous aurions bien aimé avoir une réponse", glisse Steven Marques. Il avoue que enfant, lui-même "aurait toujours voulu écrire au Père Noël mais ne l'a jamais fait". Chose compréhensible quand on sait que la magie de Noël s'est brisée nette pour le petit Steven le jour où il a "vu sa mère cacher les cadeaux sous le lit".
Alors quand Steve a lancé l'idée de capter les plus beaux voeux des enfants et leur donner une suite palpable en retour, Steven a foncé dans l'atelier du Père Noël, au sous-sol. C'est là que sont d'ailleurs nés les bonhommes de pain d'épices, les sucres d'orge et autres couronnes qui étoffent chaque année un peu plus la maison du Père Noël eschois. Tout est fait main avec cette poésie créatrice dont les fleuristes ont le secret.

Une décoration extérieure fort appréciée par les acteurs du Théâtre d'Esch (qui travaillent en face) mais aussi par nombre de grands enfants qui se sont servis de la boîte aux lettres pour le faire savoir. "C'est toujours un plaisir pour les yeux de passer devant votre maison", avoue un badaud dont la reconnaissance passe par une carte très personnelle soigneusement colorée.
La pluie a fait son effet (juste une erreur de conception de la boîte aux lettres) mais n'a pas altéré les messages. En toute logique, lettres et dessins d'enfants demandent des petites voitures, des Lego, des chaussures de ballerine, un "déguisement de police" mais aussi le dernier iPhone, un ordinateur portable, une tablette, la Switch et même une "heure Rolex".
Les messages ont, pour la plupart, des émetteurs eschois mais certains sont venus de bien plus loin (Luxembourg, Bourglinster, Pétange, etc.). La boîte aux lettres a aussi livré des pépites. Comme ce superbe dessin de la maison réalisé par une jeune voisine, ce mot de félicitations d'un agent municipal griffonné sur un papier de PV ou ces rêves transmis sur un papier d'emballage de pâtisserie aux bords brûlés.
Rarement cité, le coronavirus est clairement évoqué dans plusieurs courriers d'enfants. La plupart, et c'est une des belles surprises, "ne demandent rien. Mais écrivent simplement de belles pensées ou souhaitent juste de bonnes fêtes et surtout une bonne santé", témoigne Steven.
En ouvrant la toute première enveloppe, il a été touché en plein cœur. Un petit garçon de 3 ans a écrit via la main de son papa: "J'étais très sage et pour cela je souhaite que nous ayons une meilleure année afin de pouvoir revoir ma grand-mère". Au-dessus d'un arc-en-ciel soigneusement colorié, est formulée une certitude d'enfant en trois mots pour 2021: "Tout ira bien".