Liberty Steel à DudelangeLes salariés non payés depuis septembre, espèrent un repreneur

Jeannot Ries
Fanny Kinsch
La situation des salariés de l'aciérie Liberty Steel à Dudelange est dans l'impasse depuis des mois. Ils sont soutenus par les syndicats pour une éventuelle reprise du site.
© Jeannot Ries / RTL

Dans le dossier Liberty Steel, les syndicats attendent des offres concrètes des repreneurs intéressés dans les jours qui viennent. Pour l'OGBL et le LCGB, une condition prime: que le personnel - à l'heure actuelle quelque 140 salariés - soit repris. Les employés sont motivés et opérationnels. Selon les estimations de ces derniers, l'usine pourrait être remise en service en six mois.

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Du point de vue des syndicats, il y a trois repreneurs potentiels intéressants. Depuis deux ans et demi, plus rien n'a été produit sur l'ancien site de Galvalange. Les salariés qui restent, n'ont plus touché de salaire depuis septembre. Une situation difficile, mais à présent le personnel espère une solution:
 
"Difficile d'accepter que depuis plus de trois ans, les problèmes liés à Liberty ont été signalés et remontés à tous les étages du gouvernement, et de se retrouver dans une situation plus qu'incertaine."
 
"On n'a pas de mots, on est triste, on se dit qu'une chose pareille ne peut pas arriver. Tu construis ton avenir sur quelque chose ici, tu as confiance, tout marchait toujours bien ici. Et cette chose arrive, c'est difficile à comprendre."
 
Hubert Lacouture travaille depuis 30 ans à l'aciérie de Dudelange. Sylviane Gambini depuis 39 ans. Ils font partie des 140 employés qui travaillent toujours pour Liberty Steel aujourd'hui. 140 salariés qui doivent tous être repris, estiment les syndicats. 
 
"C'est la chance que nous avons, c'est de pouvoir garantir à un repreneur qu'il y a le personnel nécessaire, compétent et motivé pour redémarrer l'usine. C'est un point extrêmement positif", d'après Robert Fornieri du LCGB. Le marché est là et les clients sont toujours intéressés. Il croit en une reprise.

Les syndicats sont prêts à soutenir une reprise, assure Stejano Araujo de l'OGBL. "Si nous avons un repreneur sérieux, qui est prêt à rappeler tout le monde et à les garder, nous le soutiendrons, avec tous les moyens dont nous disposons au Luxembourg. Des moyens sociaux. Je pense que nous avons divers instruments pour permettre une reprise progressive de l'usine."

"Le dernier salaire que nous avons reçu, c'était pour septembre. Et puis, il y a eu octobre et novembre sans argent. Dieu merci, nous avons ensuite reçu une petite avance pour l'argent du départ (...)", explique Sylviane Gambini. "Et puis à partir de là, plus rien à nouveau. Ce qui signifie que nous n'avons pas encore reçu de chômage pour décembre et janvier. Si tu es un parent isolé, je pense que ça doit être dur. Je suis contente, j'ai un mari, j'ai des enfants, il peuvent toujours aider, si c'est nécessaire."

Hubert Lacouture considère que cela prendra environ six mois pour que l'usine puisse à nouveau être opérationnelle. "La galvanisation demande d'avoir des bains de revêtement à chaud, d'aluminium et de zinc. Ces installations ont été vidées, parce que le coût de maintien était très important, on consomme énormément d'électricité pour maintenir nos fours en activité, donc ces fours ont été vidés, il faut les remettre en état, les remplir."
 
Les salariés espèrent une solution cette semaine ou la suivante. Trouver un nouveau travail aujourd'hui, serait tout sauf évident pour nombre d'entre eux.

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