Les principaux fournisseurs de gaz du Grand-Duché ont joué cartes sur table: les hausses des tarifs vont être spectaculaires, autour de 80%. Et d'après Claude Simon, responsable des ventes chez Enovos, ce ne sera guère mieux du côté de la facture d'électricité qui risque d'augmenter d'environ 35%.
Ce mardi, le géant gazier Gazprom a averti que les livraisons de gaz seraient interrompues pour "maintenance" du 31 août au 2 septembre, au risque de raviver la peur d'une pénurie en Europe, où la Russie est accusée de chantage énergétique. Résultat, le cours du gaz européen est reparti en flèche et a atteint lundi 292,995 euros le mégawattheure (MWh), s'approchant des records historiques atteints dans les premiers jours de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
La population du Grand-Duché – pays où, à l'inverse de la France, l'État n'est pas spécialement interventionniste en matière de tarifs de l'énergie –, s'attend à des factures en nette augmentation dans les prochains mois. Et dans les rues de la capitale, on prend la chose avec philosophie.
Qu'on soit sur une ligne plutôt résignée, comme ce monsieur qui estime que la hausse "est liée à la politique russe et donc il faut accepter le sacrifice", ou qu'on attende du gouvernement qu'il propose "un petit coup de pouce" comme une résidente qui a répondu à nos questions ce mardi, tout le monde se prépare à changer un peu ses habitudes voire à adapter sa consommation.
Mais dans le pays le plus riche du monde selon le classement établi par le magazine "Global Finance", un résident estime que "compte tenu de la bonne santé économique du pays, les citoyens peuvent supporter ce coût."
Peut-être pas tous les citoyens car ils sont de plus en plus nombreux à éprouver des difficultés, même dans le "riche" Luxembourg. La prochaine tripartie, lors de laquelle gouvernement, syndicats et patronat doivent négocier de nouvelles mesures, risque de générer beaucoup d'attentes...