
Selon Ernest Pirsch, la rentabilité de l'artisanat souffre du manque de personnel qualifié et des contraintes administratives de plus en plus compliquées, alors qu'en moyenne, 1.800 personnes sont en apprentissage. Il insiste sur le fait que l'artisanat ne doit pas avoir honte: "les salaires sont bons, mais les prix élevés du logement ne peuvent pas être compensés par une augmentation salariale permanente de notre part, sinon on peut oublier la rentabilité".
Les entreprises seraient déjà à la recherche de personnel dans toute la Grande Région, mais les loyers trop élevés du Luxembourg posent un gros problème au recrutement. Selon Ernest Pirsch, le Gouvernement devrait être plus déterminé mais "il manque de courage, les ministères se gênent les uns les autres. Il faudrait construire de manière plus rapprochée et en hauteur, le logement devrait être considéré comme priorité par les autorités".
En ce qui concerne les démarches administratives, le nouveau président de la fédération des Artisans souhaite un état des lieux de la simplification administrative. Avec le registre de transparence pour les députés, des portes vont enfin se fermer, selon lui, en référence aux amitiés controversées entre des personnalités politiques et certains maîtres d'ouvrage. "Des exceptions existent, comme l'affaire Wickrange-Livange, mais le Luxembourg n'est pas un pays corrompu ou qui fonctionne avec des valises".

Il déplore néanmoins le manque de considération des autorités envers l'artisanat, malgré 8.000 entreprises et 100.000 collaborateurs: "nous recevons souvent des coups, et personne ne nous écoute. Mais tout le monde n'agit pas de la sorte, le ministre des Classes moyennes Lex Delles est en contact permanent pendant la crise, tout comme François Bausch, ministre de la Mobilité, avec lequel les relations sont plutôt bonnes".
Ernest Pirsch va jusqu'au bout de ses pensées en dénonçant le ministre de l'Énergie Claude Turmes qui, selon lui, "exerce une pression et a des exigences irréalistes. Je suis également pour la transition énergétique et je ne suis pas contre la mobilité électrique mais je ne pense pas que l’électrification de l'ensemble de la flotte automobile soit réalisable jusqu'en 2030. Il faut bien entendu essayer, mais sans pression".