Distances, personnel, état des casernesLes nombreux défis du CGDIS dans le nord du Luxembourg

Marc Hoscheid
L'incident des secours mal aiguillés vers un lieu d'accident avec une suite mortelle pour une piétonne, fin janvier, pose la question des moyens des sapeurs-pompiers dans le nord du pays. Voici un état des lieux.

Le 25 janvier, une femme a été mortellement blessée après avoir été percutée par une voiture. Les services de secours avaient d'abord été envoyés au mauvais endroit. Suite à cette erreur, les secours ont eu besoin de 27 minutes pour arriver sur les lieux de l'accident. Le Corps grand-ducal d'incendie et de secours est en train d'examiner comment une telle erreur a pu avoir lieu.

Mais indépendamment de telles erreurs, il n'est pas toujours facile pour les services de secours d'arriver à temps sur place en raison des longues distances à parcourir dans le nord du Luxembourg. L'état des différentes casernes et l'attractivité de la profession de pompiers constituent d'autres défis pour le CGDIS dans cette région.

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A Wiltz, la caserne ne pose aucun problème. En effet, les locaux datent d'il y a à 12 ans à peine. Lors de l'inauguration de la caserne de Wiltz en 2013, le CGDIS n'existait pas encore. La refonte des services de secours luxembourgeois remonte à 2018. Pour ce qui est de l'intervention des secours, le Grand-Duché est divisé en quatre zones.

Au niveau superficie, la zone nord est la plus étendue, mais seul un cinquième de la population luxembourgeoise y vit. Le Plan national de Sauvetage stipule que nulle part dans le pays, les services de secours n'auront besoin de plus de 15 minutes pour arriver sur les lieux d'un accident ou d'un sinistre. Si le nord est légèrement au-dessus de la moyenne nationale, il reste sous les 14 minutes. Malgré tout, des retards surviennent.

Alain Weisgerber, chef de zone nord, sur l'intervention des ambulances: "Une fois sur place, l'intervention n'est pas terminée, l'ambulance doit se rendre à Ettelbruck, à l'hôpital de garde, pour les enfants, c'est même jusqu'au CHL. Donc l'ambulance est encore occupée une heure et alors, nous avons là, jusqu'à ce qu'elle revienne, un trou, que nous devons combler grâce aux services voisins, qui auront évidemment besoin, lors de ce déploiement ultérieur, de plus de temps pour arriver sur place. Et là, nous risquons définitivement de ne pas garantir ces 15 minutes."

Lundi matin, les trois ambulances de la caserne de Wiltz étaient toutes en intervention. En cas d'urgence, ce sont les équipes de la Nordstad qui auraient été déployées. En tout cas, le personnel ne manque pas. Plus au nord, outre les distances, c'est l'état des casernes qui laisse à désirer.

À Troisvierges, par exemple, où depuis quatre ans, une partie de l'équipement est stocké dans une tente. La construction d'une nouvelle caserne est envisagée, tout comme à Clervaux, où le bâtiment. actuel a plus de 35 ans. Un nouveau centre sera mis en service près du rond-point à Marnach.

Sven Arend, chef du centre de Clervaux explique que "le nécessaire a toujours été fait et pourtant nous sommes trop à l'étroit et de nouvelles infrastructures seront utiles. Et aussi la position géographique, pour aller à Marnach, est tactiquement plus intéressante que d'être ici à Clervaux dans la vallée."

La caserne de Clervaux n'est plus à la hauteur non plus du point de vue de la sécurité et du confort. Elle abrite 85 pompiers volontaires et 11 pompiers professionnels. Comme les centres de Troisvierges et de Hosingen ne comptent aucun pompier professionnel, ces casernes ne sont pas toujours occupées et il faut assurer le remplacement. Mais Clervaux ne figure pas non plus tout en haut de la liste des souhaits des jeunes pompiers professionnels.

"Parce que nous sommes bien sûr plus ruraux, donc nous avons moins d'interventions et des trajets beaucoup plus longs que dans d'autres centres. C'est normal aussi. A Luxembourg-ville, dans une zone plus urbaine comme peut-être dans le sud, il y a d'autres interventions et d'autres chiffres d'intervention que dans l'Oesling."

Ce n'est qu'après quelques années que les gens sont plus attirés par la ruralité. Dans le nord du Luxembourg, le travail n'est pas moins dur, mais il est différent. Par exemple, lors des longs trajets effectués pour transporter les patients, il est important de communiquer avec eux, pour atténuer leurs craintes. En tout cas, la profession de secouriste n'est pas ennuyeuse dans le nord non plus.

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