
"Les Luxembourgeois préfèrent choisir des têtes plutôt que considérer des contenus", a expliqué Michel Pauly sur RTL. L'historien et collaborateur du magazine Forum a déclaré que ce phénomène était encore plus net au niveau communal qu'au niveau national - même s'il était là aussi plus fort qu'à l'étranger. C'est pourquoi il faudrait également se demander si les candidats qui seront élus aux élections communales, rempliront leur mandat ou s'ils passeront à la Chambre ou au gouvernement après les élections législatives. Car Michel Pauly a attiré l'attention sur le fait qu'en 2023, ce sera la première fois que des élections communales puis nationales se tiendront en une année.
Par ailleurs, Michel Pauly a indiqué que c'est aussi au niveau communal qu'il faut s'attaquer à un certain nombre de problèmes nationaux. A titre d'exemples, il a cité le problème de la pauvreté, mais aussi celui du logement et celui du climat. "C'est à l'électeur de demander aux candidats, très concrètement: combien de logements sociaux comptez-vous construire dans les six prochaines années?"
En matière d'autonomie communale, l'historien a cité un exemple, où elle est limitée, à savoir la loi sur la séparation de l'église et de l'Etat. Ici, les communes ont été interdites par l'État de soutenir financièrement leur église locale. Michel Pauly s'est demandé pourquoi ne pas laisser à la majorité d'un conseil communal le soin d'en décider. Il a encore donné un exemple où l'autonomie communale pose problème, à savoir la protection du patrimoine. 14 communes auraient retenu dans leur plan d'aménagement moins de 60% des bâtiments identifiés comme "dignes de figurer au patrimoine" par les "Sites et monuments" sur leur territoire respectif. "Vous voyez là que l'autonomie communale peut très clairement être un obstacle à la mise en œuvre de questions d'importance nationale", d'après Michel Pauly.