Pénurie de médicamentsLes grossistes prêts à constituer de plus grands stocks

RTL Infos
Au Luxembourg, les grossistes en médicaments sont confrontés quotidiennement à des ruptures de stocks. Les problèmes de livraison sont de plus en plus fréquents et graves.

Actuellement, les ruptures de stocks concernent notamment des médicaments contenant du sémaglutide, destinés au traitement du diabète, mais qui sont également très populaires car ils permettent de perdre du poids, mais aussi un certain nombre de médicaments contre l'épilepsie et les états d'anxiété.

Il en va de même pour différents types de médicaments contre la douleur, divers antibiotiques et des substances anesthésiques utilisées dans les hôpitaux.

Aucun médicament n'est fabriqué au Grand-Duché. La majorité de ceux vendus dans les pharmacies au Luxembourg sont importés de Belgique.

Mais les quotas de distribution ne correspondent pas à la consommation réelle au Luxembourg, selon Eric Maynadier. Il est le directeur général du Comptoir pharmaceutique, le premier grossiste en médicaments du Luxembourg. "Ces quotas, ces contingents se basent sur des statistiques de pathologies qui se réfèrent souvent, et je dirais historiquement, par analogie, à celles de la Belgique. Alors, bien évidemment, pour la taille du Grand-Duché, ces contingents sont proratisés à la taille de la population locale," explique-t-il.

La situation économique ne cesse de s'aggraver

Mais même s'il s'agit de pays voisins, les maladies dont souffrent les patients au Luxembourg et en Belgique ne sont pas les mêmes, d'après Éric Menardier, qui voit dans cette question de quotas, l'une des deux raisons principales à la situation actuelle. L'autre tient, selon lui, à la stratégie commerciale des laboratoires.

"Cela veut dire que le laboratoire vend en Europe, pour ne rester qu'en Europe, idéalement, là, où il peut le vendre le plus cher. Comme nous avons au Luxembourg une situation similaire à la Belgique, je dirais, de médicaments plutôt de prix bas, il n'est pas surprenant, que certains fournisseurs, certains fabricants, vendent leurs médicaments dans d'autres pays européens, autres que le Luxembourg," poursuit le directeur général du Comptoir pharmaceutique.
Pour les grossistes, la situation économique ne cesse de s'aggraver. Ils doivent s'adapter et anticiper des ruptures de stocks, en stockant un maximum de produits pour pouvoir continuer à livrer les pharmacies. Des quantités de médicaments qu'ils doivent financer au préalable.

Pour Eric Maynadier, une solution serait de constituer des stocks plus conséquents avec le soutien financier du gouvernement. Des travaux en ce sens ont déjà été réalisés ponctuellement, mais il serait important de déterminer les médicaments critiques et de mettre en place une réserve nationale de sécurité.

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