Luxembourg"Sans convention avec l'AMMD, nous serions dans une médecine entièrement étatisée", selon son président

Monique Kater
Frank Goetz
adapté pour RTL Infos
Chris Roller, président de l'AMMD, l'Association des médecins et médecins-dentistes était l'invité du Journal de RTL Télé mardi soir.
Chris Roller, président de l'AMMD (à gauche), interviewé par Frank Goetz.
Chris Roller, président de l'AMMD (à gauche), interviewé par Frank Goetz.
© Raphaelle Dickes

Le discours tenu par l'Union des syndicats lors de sa conférence de presse de mardi est irresponsable, selon le président de l’AMMD, Chris Roller, qui a réagi mardi soir sur RTL Télé aux affirmations des syndicats qui qualifient les assurés d’"otages du conflit dans le secteur de la santé". Le fait que, lorsque la direction de l'AMMD a dénoncé la convention, elle a exigé des adaptations législatives est connu de tous, y compris de la Caisse nationale de Santé, et Chris Roller s’est étonné que Christophe Knebler, syndicaliste membre du conseil de la CNS, ne l’ait apparemment pas compris. Elle savait qu’une CNS ne peut rien faire sans l’intervention des responsables politiques, mais de ce côté‑là, rien n’a été entrepris. L’AMMD insiste sur le volet “ambulatoire” : les médecins doivent pouvoir faire davantage en dehors des hôpitaux. C’était aussi une promesse électorale du CSV .

En ce qui concerne la convention, ni le Premier ministre ni la ministre de la Santé n'ont beaucoup bougé

L’AMMD estime que peu de choses ont été entreprises dans ce domaine. Et lorsqu’il a été question de la revalorisation de leurs tarifs, les médecins ont soudain été accusés d’“abus et de fraude”. D’un côté, les responsables politiques et aussi les syndicats, ainsi que la CNS exigent des médecins la meilleure médecine possible, "mais ils ne veulent pas la payer", déplore Chris Roller "Ou alors, s’il n’y a pas assez de moyens, ce seraient quasiment les médecins qui devraient la financer eux‑mêmes." Or, la médecine moderne a un coût. Selon le président de l’AMMD, il est de la responsabilité des politiques "d’expliquer aux assurés que la santé ne deviendra pas moins chère, notamment si l’on veut vivre plus longtemps et en meilleure santé. De nombreuses thérapies contre le cancer sont extrêmement coûteuses, mais elles garantissent aujourd’hui une bonne survie, ce qui n’était pas le cas auparavant." Et Chris Roller de souligner que ces avancées doivent rester finançables.

Sans de bonnes conditions, on n’attire ni nouveaux ni jeunes médecins au Luxembourg

Des interventions réalisées en cabinet seraient moins coûteuses et, grâce à une externalisation de l’hôpital, les délais d’attente diminueraient aussi, explique Chris Roller, en précisant que l'AMMD n'a jamais parlé de déconventionnement. En revanche, les coûts réels doivent être couverts par les tarifs. Un “oui” au maintien du système solidaire, mais avec un financement public guaranti. 

Martine Deprez fixe une date limite pour la signature de la convention

La ministre de la Santé accorde à l’AMMD un délai jusqu’au 1er novembre pour signer la convention, faute de quoi un règlement grand‑ducal entrera en vigueur, a déclaré Martine Deprez à la Chambre. Le gouvernement y travaillerait actuellement.

"Elle ne nous a apparemment pas vraiment écoutés ces derniers mois quant à nos doléances.” Pourtant, elle les connaît parfaitement, s’étonne Chris Roller, qui précise que, si les adaptations légales intervenaient, l'AMMD serait prête à signer. Sans convention avec les médecins, "nous serions dans une médecine entièrement étatisée".

Des remboursements, oui, mais le système ne serait pas pour autant suffisamment attractif pour attirer de jeunes médecins au Luxembourg. Ce ne seraient pas la direction de l'AMMD qui prendrait les patients en otage, il aurait plutôt le sentiment que les syndicats voudraient faire cela avec les médecins. 

"En matière de santé, le gouvernement ne travaille que sous pression"

Après deux ans et demi de législature, aucune des promesses électorales n’aurait été concrètement mise en œuvre, critique le président de l’AMMD.

En ce qui concerne l’affaire Philippe Wilmes, la ministre estime être totalement dans son droit avec sa décision. Selon ce que le parquet ou le Collège médical retiendront dans la suite de la procédure, sa décision provisoire sera adaptée. 

"La ministre ment lorsqu’elle dit ne connaître Philippe Wilmes que de manière indirecte"

Le président de l’AMMD ne peut pas comprendre cette affirmation de la ministre et précise qu’il a appris à l’université qu’il ne faut pas uniquement examiner des images, mais considérer le patient dans sa globalité. Or, selon ses informations, seules des images IRM auraient été analysées par les trois experts, qui ont conclu que le Docteur Philippe Wilmes aurait mutilé des patients.

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