
Bien que les réformes aient été nombreuses ces derniers temps, les employés dans les services du personnel n'arrivent, par exemple, plus à suivre au niveau de la vérification des factures. Les principales critiques émises par Claude Reuter portent sur les horaires de travail et l'organisation, ainsi que sur les embauches et la formation. Le nouveau gouvernement doit apporter de la clarté sur ces points.
Une pénurie de personnel est aussi perceptible dans les communes. Il est notamment difficile de trouver du personnel qualifié. De nombreux élèves qui sortent de l'école, ne peuvent pas réaliser le travail qui doit être fait dans les communes, regrette le président du syndicat représentant la fonction publique communale. Claude Reuter prône la transformation de l'INAP (Institut national d'administration publique) en école professionnelle. "Si vous changez d'administration ou de service, vous devez être formé avant". Il constate une pénurie généralisée de personnel communal. Concernant les critiques du secteur privé selon lesquelles les communes enlèvent du personnel aux entreprises, le président de la FGFC estime qu'"il ne sert à rien de se rejeter la responsabilité les uns sur les autres".
Au cours de l'interview, Claude Reuter a aussi réagi à l'affaire de Hesperange, dans laquelle deux fonctionnaires ont détourné une somme d'environ 5 millions d'euros sur près de 20 ans. Le procès en appel aura lieu en février et cette affaire pose la question du pouvoir et de la responsabilité des fonctionnaires communaux. Le président de la FGFC estime que "des contrôles sont nécessaires", "mais que la grande majorité des fonctionnaires font un bon travail". Un système d'évaluation n'est pas la bonne solution car il y a un risque que la hiérarchie ou des préférences personnelles aient alors une influence. C'est pourquoi il vaudrait mieux s'accorder sur "une gestion par projets".
Une police communale ne devrait pas poser de problème majeur, la FGFC prône toutefois une "symbiose" avec les agents municipaux.
S'il comprend l'intention qui le sous-tend, Claude Reuter émet des réserves sur le principe du "Silence vaut accord", promis par le nouveau gouvernement pour pouvoir construire plus vite. Il s'agit d'un grand tournant. Il fera part de ces critiques et de ses autre préoccupations au nouveau ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, lors d'une entrevue prévue à la mi-janvier.